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 Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent

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Milàn James
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MessageSujet: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Sam 28 Juil - 1:04

C'était une musique paradoxale. La couleur semblait douce et chaude, néanmoins, en tendant attentivement l'oreille, on distinguait quelques notes dissonantes, au timbre étrange. Un voile à peine teinté de mystère, semblable à quelques points de suspensions annonçant une suite qui ne venait pas. Lorsqu'elle s'arrêta, pareille à une reprise de souffle, Milàn n'hésita qu'une fraction de seconde avant de la relancer. C'était exactement la douzième fois qu'il la remontait. Il comptait tout ces derniers temps, absolument tout. Ses pas pour parcourir une distance, les inspirations des gens lorsqu'ils parlaient, les réverbères croisés, les voitures, les marches. Une nouvelle manie qu'il lui faudrait ajouter à sa longue liste et qui témoignait de sa nervosité actuelle.
Alors que les notes s'égrainaient au fil de pensées qu'il laissait dériver, il déposa l'objet à côté du livre qu'il lisait et abandonna ses yeux aux lettres frappées dans le papier avant de retenter un essai avec nonchalance.

- Nous sommes le 12 octobre 2002…

La musique poursuivit inlassablement son cours alors que sa voix grave déchirait le silence de la bibliothèque. A cette heure tardive, elle n'était généralement fréquentée que par lui. Et si d'avance, il y croisait du monde, il trouvait un autre refuge dans le manoir. Il passait une grande partie de ses nuits à lire depuis quelques mois. Dormir le plongeait dans d'étranges songes qui n'avaient à ce jour qu'une contenance nébuleuse et une signification trop obscure pour valoir la peine qu'on s'arrête dessus.

- Je n'ai peur de rien. Lâcha-t-il avec conviction à l'attention de la petite chose musicale.

L'effet fut aussi immédiat que contrariant, quelques notes déraillèrent pour mettre fin à l'harmonie un peu étrange de la mélodie qui se poursuivit comme si elle tentait un rétablissement houleux. Milàn leva un sourcil interrogateur, oscillant entre cynisme et contrariété.

Comment cette chose fonctionnait-elle ? Il l'avait tourné et retourné entre ses mains de nombreuses fois depuis les dernières heures durant lesquelles il l'avait "empruntée" mais ne parvenait pas – pour son plus grand désarroi – à en cerner le fonctionnement réel. S'il était doué, il était limpide que San l'était encore plus puisque quelques-unes de ses inventions continuaient à lui résister en dépit du temps et de l'énergie qu'il dispensait à en percer les mystères.

La disparition de la boîte serait rapidement éventée, il s'était épris d'un plaisir malin à la sortir à plusieurs reprises, et bien qu'il l'ait masquée aux yeux des êtres humains, il était plus qu'évident qu'ici, chaque chose vous observait. Il lui restait tout au plus la nuit pour en percer le secret avant qu'elle ne soit à nouveau destinée à rejoindre ses fonctions premières.
Dans un soupir éthéré, alors que la musique prenait fin, il posa la tête sur son livre et attendit quelques minutes dans le silence avant de retourner à sa lecture. Le fonctionnement de sa tête en désarçonnait plus d'un. S'il était toujours pleinement consacré physiquement à la tâche qu'il exécutait, son esprit en revanche, paraissait laisser se dérouler les réflexions en arrière-plan, abandonnant la suite du film pour en saisir le dénouement lorsque celui-ci s'annonçait. Ainsi, il n'était pas rare de le voir soudainement interrompre quelques travaux pour aller en achever un, sur lequel il ne réfléchissait plus activement.

L'ouvrage développait quelques aspects historiques de la ville de Londres à faire frémir les plus braves. A plusieurs reprises, il sentit sa peau se darder de frissons qui lui parcoururent le dos. Il était bien plus aisé de détourner les yeux d'une image que d'un texte. Quand bien même il quittait sa lecture des yeux, son imagination semblait peu encline à arrêter là ses circonvolutions d'atrocités.

Milàn abandonna son ouvrage en le repoussant sur la table à laquelle il était pour en saisir un autre ouvert juste à côté. Il ne les parcourait pas par désir de se faire peur, il avait bien assez à faire avec ses propres songes pour vouloir s'en procurer d'autres. Il cherchait quelque chose de précis depuis plus d'une semaine maintenant, dévorant les ouvrages – de The Doyent comme ceux de Cristal Palace -  dans lesquels il supposait pouvoir le trouver.
La boîte à musique semblait le narguer de ses mécanismes tandis qu'il s'étira sur sa chaise, le dos engourdi d'être resté si longtemps immobile. Il se leva enfin, glissa la boîte dans sa poche et s'étira à nouveau, amorçant quelques pas sur le plancher de l'immense bibliothèque.

« un … deux … trois … quatre …»

Les grincements du bois lui rendaient bien sa comptine et dégagèrent son esprit des réflexions précédentes, ne laissant place qu'au ressenti. C'est ainsi que libéré de toute réflexion, l'impression le frappa pour la première fois.
Il se retourna vivement et parcouru les rayonnages déserts des yeux pour n'y croiser que son ombre.

Il y avait pourtant quelqu'un dans la pièce. La bibliothèque couvrait tout l'avant-dernier étage du manoir, si bien qu'il était aisé pour deux personnes de s'y trouver sans se croiser. Habituellement, il devinait qu'il n'était pas seul au bruit que faisait l'autre ou les autres. La plupart des gens s'estimaient silencieux mais produisaient un raffut à réveiller les morts. Il tendit l'oreille tout en avançant vers le fond de la pièce, persuadé de sentir une présence qu'il n'entendait pas. Intrigué, il poussa son investigation plus avant et décela enfin le bruit qu'il guettait, celui las et curieux d'une page qui se tourne et lui arracha un sourire. L'espace d'un instant, il avait cru que ses sens le trompaient, ce qui l'aurait contrarié.

La créature était des plus silencieuses, c'est à peine s'il distinguait le bruit de son souffle à travers l'immensité de la pièce. Pas un mot, un mouvement autre qu'une page de plus de temps à autre, tournée avec une infinie douceur, presque avec amour.
Lorsqu'enfin il la vit, il ne fut pas surpris par son identité. Mentalement, il la surnommait "la souris". Rien d'étonnant à ce qu'il ne l'ai pas remarquée alors. Le front barré par une frange ébène surmontant de grands yeux curieux, elle était tout à la contemplation de plusieurs livres avec lesquels elle jonglait. Perchée sur sa chaise, les pieds sous elle – comme si elle avait besoin de paraître plus grande qu'elle ne l'était déjà – elle esquissait tour à tour des moues ravies ou curieuses au fil des pages et semblait mâchouiller quelque chose sans émettre le moindre son. Sa maigreur était renforcée par un rideau de cheveux noirs qui dégringolaient dans son dos et semblaient atteindre ses fesses.
La vision de la gamine arracha un sourire à Milàn, autant d'amusement que de soulagement. La petite créature ne le dérangerait pas. Elle semblait avoir une lecture dispersée des ouvrages, naviguant de l'un à l'autre sans signes précurseurs. Intrigué, il tendit le cou pour tenter d'apercevoir l'objet – ou plutôt les objets – de sa concentration, alors que dans sa poche, la boîte à musique en profita pour semer deux notes, restées en suspens lors de l'essai précédent.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Sam 28 Juil - 15:48

Tout était trop noir et trop froid certains soirs. Si la température semblait correcte, à l’intérieur la nuit avait tout envahi, laissant les couloirs vide de monde. Pieds nus, un être étrange avait évolué jusqu’à la bibliothèque. Sa cape noire l’enveloppait dans cette obscurité. Les divers coucous l’observaient d’un oeil sans rien dire. Dans ce lieux insolite, tout l’était. La bâtisse, la maîtresse de maison, les habitants, les meubles. D’une certaine manière, le commun des mortels n’y aurait pas trouvé sa place. Mais elle, c’était ici chez elle. Personne ne pleure plus après le deuxième jour. Les dortoires sont toujours calmes et sereins. Dans son esprit d’enfant, une espèce de brume endormait les sens pour ne plus que personne se sentent abandonnés. C’était grisant. Enfin normalement. Mais il y avait cette fichue sortie. Elle avait vidé les lieux de tous les occupant d’un certain âge. Et Sean en faisait parti. Le sommeil l’avait fuie. Son équilibre était rompu.

Prévoyant, on lui avait acheté une certaine quantité de matériel pour qu’elle puisse dessiner. Ce qu’elle faisait la plupart du temps. Il y avait bien longtemps qu’elle avait compris qu’on la laisserait tranquille si elle avait des bonnes notes. Alors elle ne se soustrayait plus aux devoirs. Le plus rapidement possible, ils disparaissaient de nouveau dans l’enveloppe. Elle n’aimait pas ça. Elle n’appreanait rien d’intéressant. Il suffisait de recracher bêtement ce qu’il y avait d'écrit dans les livres pour que les adultes soient heureux. De temps en temps il fallait montrer qu’on avait de la logique. Mais le plus important c’est ce qu’il y avait après. Ses crayons, sa peinture, ses carnets, son chevalet et son châssis. Mais voilà, sa gourmandise était punie. Elle avait trop croquée et sa boîte était désormais vide. Plus de papier.

Plus grave encore, plus de quoi laisser s’écouler ce trop plein de magie. Le barrage de son esprit menaçait de lâcher et il fallait qu’elle s’occupe. Sinon elle verrait encore cette porte. Elle entendrait encore ces voix auxquelles elle ne peut pas répondre. Bien
évidemment, elle avait essayée de l’ouvrir. Innocemment, elle les avait priés de se taire. Mais là-bas personne ne l’écoutait. Puisque c’était comme ça, elle se rendrait à la bibliothèque. Quelques semaines plus tôt, San était venue la voir. Elle avait beaucoup parlé. San bien sûr. Mais elle lui avait dit qu’en France en ce moment, il y avait une exposition temporaire sur l'impressionnisme du XIXème siècle. Éveillant sa curiosité, elle retint les peintures et les artistes exposés.

La porte était déjà ouverte, mais il ne semblait pas y avoir qui que ce soit. Glissant jusqu’au fond, elle décida de s'approprier la table la plus proche de la fenêtre. Le peu de sourire qu’elle lui adressait pour l’éclairer suffirait. Les étagères furent vidée les unes après les autres. Au bout d’un moment, six ouvrages qui ne semblait avoir d'intérêt furent délaissé sur un bord de la table. Puis debout en équilibre sur l’assise, son corps basculait vers l’avant pour disposer les livres comme bon lui semblait. Cette périlleuse tâche terminée, enfin elle s’autorisa à commencer ce qu’elle voulait faire. Manet, Monet, Degas… Chaque tableau était minutieusement étudié. Les techniques, elle évaluait le pinceau par rapport à la peinture et la forme du trait. Parfois elle n’était pas d’accord. Mais ces adultes ne l’écoutait jamais. Une fois elle avait reproduit l’un des tableaux en changeant ce qui ne lui convenait pas. On l’avait grondé. C’est eux qui était en tord. Pas elle. Il ne comprenait rien à l’art de toute manière.

Son imagination l’emmenait dans les couloirs d’une galerie. De longs couloir blanc, une lumière tamisée. Un sol en parquet avec une bonne odeur de cire. Elle avait le droit de toucher. La sensation de la peinture sous ses doigts. L’huile était agréable, un peu rugueuse. L’aquarelle laissait facilement ressentir le papier imbibé d’eau. L’acrylique trop lisse, trop plastique ne lui plaisait pas. Pourtant c’était ce qu’on lui donnait le plus. Le pire, cette gouache pour enfant qu’on lui emmenait avec de bonnes intentions dont elle se passerait bien. Elle avait dix ans, ce n’était plus une enfant ! Alors ici personne ne pouvait rien lui dire. Ses orteils nus bougeait rapidement d’impatience de découvrir la prochaine toile qu’elle pourrait caresser. Les genoux pratiquement rentré sous le menton, elle dévorait l’image qui s’offrait à elle avec l’appétit d’un ogre.

Un son brisa l’illusion, la ramenant instantanément à cette bibliothèque et ces morceaux de papiers sans intérêt. Relevant la tête, la fillette observa l’intrus. Dans son regard aucun mépris, aucune méchanceté, juste un certain amusement. C’était décidé. Ce soir il serait la personne avec qui elle voyagerait à travers l’histoire de l'impressionnisme. De nouveaux debout, elle sauta de tout son poids de moineau pour atterrir légèrement sur les carreaux. Puis elle se planta devant l’inconnu avant de lui prendre la main sans rien lui dire et de l’emmener devant une chaise. De nouveau elle retrouva sa place d’équilibriste.

D’un coup, elle se tourna vers le jeune homme. Sa moue passa par divers expressions avant de redevenir neutre. Quelques secondes plus tard, sa voix fluette mais sûre d’elle se manifesta.

- C’est parce que c’est magique.

Sans donner d’information supplémentaire, comme si c’était amplement suffisant pour qu’il comprenne, elle retourna une page pour repartir dans sa contemplation.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Dim 29 Juil - 11:56

A peine un effleurement et pourtant si persuasif, il n'eut d'autre choix que celui de suivre la souris qui s'était emparée de sa main. Amusé par le contraste de leur duo, il lui emboita le pas néanmoins, curieux de savoir ce qui la passionnait à ce point. Elle le planta devant une chaise avant de regagner son perchoir, ce qu'il prit pour une invitation à faire de même. Dégageant la chaise de la table d'un geste rapide, il s'assit à son tour, tout en laissant ses yeux embrasser les livres éparpillés face à eux.

Peu craintive, la souris ce soir non contente de lui prendre la main, eût l'audace de lui octroyer quelques paroles qu'elle semblait avoir jetées en l'air négligemment, bien qu'il fût persuadé qu'elle réponde à ses interrogations. Machinalement il porta la main à sa poche pour effleurer la précieuse boîte à musique de deux doigts.

Elle avait la voix fluette des enfants de son âge, aux intonations chantantes bien qu'intensément sûre d'elle, probablement persuadée d'énoncer là quelques vérités. Il la dévisagea intensément alors qu'elle était déjà retournée à ses livres avant de poser à nouveau ses yeux sur les tableaux qui ornaient les pages des ouvrages. La fascination de la petite créature pour les maître aurait pu l'amuser s'il n'avait reconnu le regard qu'elle leur portait. Une concentration intense, proche de l'obsession qui s'emparait de lui lorsqu'il cherchait à percer les mystères d'une vie.
Plus rien alors ne comptait. Il pouvait passer deux jours sans dormir, sans manger et ne répondait alors à aucune sollicitation extérieure tant que son esprit torturé ne parvenait à solutionner le problème qu'il avait soulevé. Depuis aussi loin qu'il se souvienne, il avait toujours cherché à comprendre le pourquoi et le comment des choses. L'essence même de la magie n'échappait à ses desseins et il ne comptait plus le nombre de fois où lors de coupures ou blessures minimes, il avait essayé de percevoir en son sang quelques traces ou résidus de magie.

Un jour, il saurait.

L'objet de ses convoitises actuelles n'était autre que l'objet glissé dans sa poche. Elle l'avait toujours impressionné enfant, lorsque San le convoquait dans son bureau et sous couvert de discussions générales, finissait par le questionner sur certains de ses agissements. Parfois elle était simplement posée là, ayant servie à un autre. D'autres fois, elle esquissait un sourire amusé à ses propos et la mettait en marche, lui rappelant qu'avec elles, on ne trichait pas. Bien que San ait toujours eût l'air de mieux le comprendre que quiconque et qu'il ait toujours douté qu'elle ait besoin du moindre stratagème pour savoir qu'il mentait, il n'en restait pas moins impressionné par un objet qui utilisait la musique comme lecteur de l'esprit. Si seulement il avait pu comprendre comment déceler les mensonges des gens…

- Est-ce que ça ne peut pas s'expliquer pour autant ?
Questionna-t-il doucement, autant pour lui qu'elle.

Perdue – bien qu'il eût l'impression qu'elle savait exactement ce qu'elle faisait – parmi les toiles, elle ne répondit rien et poursuivit ses lectures d'images avec attention. Il croisa à travers les pages le regard perçant de Berthe de Morisot, qui semblait l'encourager à la patience, comme si elle en savait plus sur le petit être attablé que n'importe qui d'autre.
Après quelques longues minutes, la petite voix souffla quelques mots, sans accorder le moindre regard à son interlocuteur, peut-être pour le faire douter du fait qu'elle s'adressait bien à lui. Peut-être après tout, conversait-elle avec Berthe, ou l'une des danseuses de Degas prête à s'élancer.

- Qu'est-ce que tu veux faire ?

Dans l'obscurité de la pièce, Milàn esquissa l'ébauche d'un sourire et resta silencieux. Semblant vouloir combler le vide ainsi naissant, la pluie prit le relai et entama la longue litanie de son ruissellement sur le toit du manoir. Le garçon leva machinalement la tête, comme s'il avait pu la voir ou la laisser couler sur son visage. Chaque gouttelette produisait un son différent lorsqu'elle heurtait le bâtiment, participant à une mélodie qu'il avait toujours trouvée apaisante. On disait que les Théologiens avaient un lien particulier à l'eau. Il lui semblait que de son côté, son amour pour la pluie avait d'autres racines. Il aimait marcher lorsque le temps était gris, guetter les premières gouttes audacieuses, savourait l'odeur de l'herbe mouillée, affectionnait le roulement du tonnerre au loin et trouvait souvent le sommeil lors de nuits pluvieuses.

Amaya, de son côté, avait bondit – telle une mangouste * - de sa chaise pour se précipiter vers l'une des fenêtres et appliqua son front contre cette dernière. Il l'observa essayer de passer à travers la vitre un instant, et replongea dans les impressionnistes, le visage négligemment appuyé dans la paume de sa main.

« Tu aimes la pluie ? » Demanda-t-il en cherchant à toucher son esprit de théologienne tout en s'égarant sur les reflets mordorés du soleil levant de Monet.
L'art l'avait toujours touché. Il trouvait magique ce que certains étaient capables d'extraire de leur esprit et qui traduisait si bien des émotions qu'ils auraient été bien en peine d'exprimer par d'autres moyens.
Du doigt, il parcourut la ligne de feu tracée par l'astre rouge sur les flots d'une mer à peine mouvante.

HJ: Avec l’accord d’Amaya pour ses gestes et paroles.

* Rendons à Caesar ce qui lui appartient, ce sont ses propres mots.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Lun 30 Juil - 16:01

Fermant les yeux, elle écoutait les gouttes s’écraser contre les vitres dans un fracas qui résonnait si joyeusement à ses oreilles. Après tout, cette soirée résumait à elle seule son identité. C’était une pluie nocturne, une Amaya. Probablement aurait-elle ouvert les fenêtres si cela lui avait été possible, mais cette pièce ne le permettait pas. Envolé les impressionnistes, l’inconnu et son obsession pour le dessin. En cet instant il ne restait plus que ce temps qui paraissait si magique à ses yeux d’enfant. Le ciel pleurait. Mais il pleurait tendrement pour elle, comme une mère veillant sur sa progéniture. Le calme résonnait dans son esprit se heurtant finalement à son mur de la réalité. Aussi rapidement qu’elle était descendu, elle remonta sur son perchoir. Elle tourna une page de plus avant de se retrouver bloquer sur “Répétition d’un ballet”. Frottant son pouce nerveusement sur son index, elle fronça les sourcils. Ce qui se passait semblait la torturer. Elle regarda juste derrière pour avoir une réponse que la fillette connaissait déjà. Mais à quoi donc pouvait bien penser ces artistes quand ils agissaient avec une telle désinvolture. Comment pouvaient-ils la priver de ce qui l’intéressait.

- Je veux voir ce qu’il y a de l’autre côté. Je peux le dessiner.

C’était là le caprice d’une enfant, à n’en pas douter. Vouloir l’impossible. Désirait ce que personne ne pouvait lui offrir. Observant sans défaillir, ses doigts traçait des contours invisibles dans le vide, son pinceau imaginaire glissait et aucun obstacle ne pouvait l’entraver. Finalement, elle le posa et observa son travail en soupirant. Ce n’était pas suffisant, ça ne faisait pas le même effet sans une feuille et de quoi dessiner. Pour la première fois, elle sembla avoir les larmes aux yeux. Il était douloureux de ne pas se servir ainsi de sa magie, tellement douloureux. Mais l’utiliser était tellement agréable, qu’elle en oublierait bientôt tout le désagrément. Alors d’un revers de la main, elle balaya sa tristesse. Elle prit une profonde inspiration et se replongea dans un autre livre. Sa bouche se pinça une fois de plus, avant de reprendre sa place initiale. Puis comme si on venait de lui tapoter l’épaule, elle sursauta.

Sautant une fois de plus de l’assise, elle se planta face au garçon, se souvenant de la moral qu’on lui avait souvent fait. Quand on rencontre quelqu’un pour la première fois, on se présente. C’était une étape qu’elle sautait souvent, ne la jugeant pas utile. Mais au vu de la patience dont il faisait preuve pour supporter sa présence, elle estima que c’était la moindre des choses. Et peut-être que cette action lui permettrait de se souvenir de lui. Ce qui n’était pas gagné. Sa mémoire lui jouait des tours. Elle décidait de garder des choses complexes, les conversations, les voix, certaines odeurs. Mais il ne fallait pas lui demander de décrire quelqu’un une fois que celui-ci avait disparu. Parfois il lui semblait voir une épaisse masse tournoyant tout autour de la personne. Au mieux, une couleur lui revenait en tête.

- Amaya.

Elle resta planté devant lui les mains dans le dos pendant quelques seconde avant de sembler perdre patience. Elle planta son regard dans le sien, observant attentivement la couleur de ses yeux et elle acquiesça silencieusement comme si elle était satisfaite de ce qu’elle avait vu.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Mar 31 Juil - 15:16

Le boudait-elle ?

Avec toute la patience dont il était capable, il attendit, comme pour la première question. En vain. Dérouté pour commencer, il finit par hausser les épaules, peu enclin à se laisser désarçonner par une fillette. Quand elle revint se percher sur sa chaise avec innocence, le doute s'installa.
Passant de la candeur au caprice en passant par la douleur, la souris s'agitait et tenait de bien étranges propos.  

- De l'autre côté, il y a Place de la Concorde.* Bougonna-t-il en levant les yeux au ciel.

Il avait triché l'instant d'avant et tourné quelques pages.
En la voyant ainsi effleurer sa feuille imaginaire le doigt dans le vide, il refreina deux ou trois commentaires oscillants entre le « Mais qu'est-ce que tu fous ?» et une certaine curiosité qu'il n'eut pas le loisir d'approfondir. Déjà elle se dressait devant lui, prompt comme l'animal qui lui valait son surnom. Il se surprit à ranger ses mains sagement dans ses poches, des fois qu'elle ne tienne à s'en saisir de nouveau.
S'attaquant à une tout autre partie de son anatomie, elle le toisa du regard un long moment et prononça son prénom en opinant du chef.

Il y avait quelque chose de dérangeant dans son regard qui le fit frissonner. Il eut la très nette impression de subir le même dessein que Degas, comme si elle cherchait à voir ce qui était derrière sa personne. De l'autre côté.
Rompant ce lien troublant il détourna le regard et fit quelques pas sur le plancher. Qu'est-ce qui clochait exactement ?

A the Doyent, les pièces étaient recouvertes de babioles magiques. Les murs se paraient d'horloges qui vous épiaient, et dont le cliquetis de certaines se rappelaient à vos bons souvenirs si d'avance vous souhaitiez faire abstraction de leur présence.
La bibliothèque ne dérogeait pas à la règle. Entre deux rayonnages, les grands yeux d'un volatile non identifié – et non identifiable après les retouches de San – dardait sur Milàn un regard à vous retourner le cerveau. Ce dernier le foudroya du regard en retour, sentant monter en lui quelque sentiment de malaise à être ainsi percé de toutes parts.
Les rouages de l'oiseau étaient visibles derrière ses yeux et s'animaient, silencieux, comme pour respecter l'atmosphère de ce lieu. Le narguant du roulis taiseux de ses orbites, le volatile semblait défier le garçon. Le lancer de chaussures étant plus qu'inapproprié dans le temple du savoir, ce dernier hésita un court instant sur le sort à réserver à la bête et se résigna à un simple effacement du regard. Plus tard, il serait doué dans cette branche.

C'est en reportant son attention sur Amaya qu'il eut la vision d'engrenages tournant dans un sens non conventionnel. Il revit son doigt maintenir un pinceau invisible et esquisser les contours d'un dessin tout droit sorti de son imagination. Il revit ses lèvres pincées et son air concentré, se rappela le flot d'expressions qu'elle avait enchaînées et réalisa alors qu'elle ne jouait pas. Elle peignait dans le vide.

A bien y réfléchir, il avait rarement vu la souris sans tout un matériel de gribouillage. Un coup d'œil à la table lui en confirma l'absence. Poussé par la curiosité, il retenta l'expérience.

« Et toi, tu fais quoi ? » Glissa-t-il à son esprit de Théologienne.

Devant l'absence de réaction une fois encore, il enchaîna dans un haussement d'épaules.

- Tu ne veux pas me répondre ?  Peu importe.

Juste retour de bâton, lui qui ne prenait que rarement la peine d'étancher la curiosité de ses interlocuteurs. Un peu frustré d'être de l'autre côté de la barrière, il persista néanmoins et attaqua sous un autre angle.

- Est-ce que tu as perdu ton matériel de dessin ?


*Véridique. Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Mar 31 Juil - 17:31

Personne ne comprenait vraiment. Elle était exceptionnelle. Au sens une exception. Son cerveau était une énigme. Quelque chose ne tournait pas rond, et ne la faisait pas ressembler aux autres. Mais était-ce réellement un mal ? Amaya était une théologienne unique et c’était bien là la seule chose qui fallait savoir. San veillait sur cette enfant de loin, bien trop consciente de ce qui pourrait arriver si la Triade mettait la main dessus. Même à son arrivé elle n’avait été sûre de rien. Cette gamine comprenait la magie de la doyenne. Elle n’était pas née du bon côté. Et elle était un cas qui la peinait beaucoup. L’avenir lui serait particulièrement compliqué, ce monde n’était pas prêt à l’accueillir. Et c’était bien pour ça qu’elle lui avait trouvé un binôme, car plus tôt elle aurait un équilibre stable, mieux ce serait.

Intriguée et sans comprendre cet agacement à son égard, Amaya se replongea dans ses pensées. Il était probable qu’elle ait fait quelque chose qui lui déplaise. Et puis lui non plus n’avait pas tout compris de toute manière ! Elle s’en fichait de son Concorde ! Bien qu’elle aurait bien voulu s’y rendre. Comme au Louvre, au Tate, au MoMa, au Guggenheim, visiter la chapelle Sixtine. Il y en avait tant, qu’elle en étouffait presque. Mais elle savait. C’était un rêve. Juste un songe qu’elle ne pourrait jamais réaliser. Ses pieds nus devinrent drôlement intéressant d’un coup. Mais un jour elle serait guérie et pourrait voyager où bon lui semblerait !

- Ce n’est pas les danseuses que je veux voir ! Ce sont les spectateurs, ceux qui mettent en scène !

Ses yeux s’agrandirent encore, une passion dévorante s’était emparée d’elle et semblait consumer jusqu’à son âme. Son regard se portait bien au delà de ce que les gens décidaient de voir. Son monde à elle était infini, avec l’imagination comme seule frontière. C’était quelque chose de précieux, c’était d’ailleurs l’une des seules choses qu’elle avait. Une vision de l’univers insolite. Puis elle sursauta de nouveau. Elle comprit enfin quelque chose qui lui avait jusque là échappé. C’était bien de sa faute après tout. Ce détail lui avait fait faux bond. Il boudait donc pour cette raison. C’était un enfant comme elle après tout.

- T’es un théologien toi aussi !

Satisfaite de sa découverte, Amaya se mit à sourire révélant une fossette au coin droit de ses lèvres. Il était tellement rare que les gens viennent lui parler, qu’elle ne leur prêtait aucune attention. Bon d’accord, c’était le cadet de ses soucis que de s’intéresser aux autres. De temps à autres, des âmes bienveillantes venaient lui faire dons de vêtements, de matériel, de livres. Mais ces actes, s’il lui faisait plaisir sur le moment, était rapidement oublié, car sans intérêt. Il n’y avait qu’une seule personne capable d’éveiller sa curiosité, car il la traitait différemment. Quand elle était trop absorbée, il passait devant elle et lui tirait les joues jusqu’à ce qu’elle s’agace suffisamment pour lui crier dessus.

- Alors tu ne sais pas hein. Ça sert à rien de me parler là-dedans. Elle désigna sa tête du bout de son index. Je n’entends rien.

Il était rare de la voir aussi ouverte. Très renfermée d’habitude, les échanges était assez court, se résumant souvent à une réponse binaire et jamais de question. Néanmoins, lui parler art se révélait souvent utile pour briser la glace. Mais voilà qu’il avait posé une question qui la concernait vraiment à cet instant, et qui sait, il pourrait peut-être faire quelque chose pour elle. C’était une aubaine qu’elle ne voulait pas laisser passer.

- J’ai plus de feuille. Alors je ne peux plus dessiner. Et comme j’ai pas le droit de toucher aux livres de la bibliothèque, ni aux murs de la maison, je lis.

Elle marqua une courte pause et se mit debout sur la chaise comme si ce point de vu était le meilleur.

- Tu as des feuilles ? Si je te montres mon pouvoir, tu pourrais m’en donner ? Mais il ne faudra pas que tu en parles, sinon San et Sean vont me gronder.

Consciente du risque qu’elle prenait avec une telle proposition, elle se rassit toute penaude en se mordillant les lèvres.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Jeu 2 Aoû - 21:39

Tu as des feuilles ? … La dernière fois qu’on lui avait demandé ça, ce n’était certainement pas pour dessiner...

Intrigué, il la regardait avec un air nouveau, celui qu’il réservait habituellement aux petits mécanismes qui lui résistaient. Le schéma prit forme rapidement, quelques traits esquissés d’une main assurée et il vit se dessiner les engrenages qu’il avait aperçus l’instant d’avant. Certains fonctionnaient à leur façon, donnant cet étrange mélange aux grands yeux qui lui faisait face.

«Je n’entends rien.»  Sourde de l’esprit, voilà qui était nouveau…

Déjà son imagination se mettait en branle, cherchant à trouver quelques causes plus ou moins rationnelles à une telle annonce. Qu’est ce qui pouvait bloquer la télépathie chez un Théologien ? Était-ce un disfonctionnement ? Ne savait-elle pas s’en servir ? Ou encore possédait-elle un pouvoir qui rendait cette fonction-là impossible ?

Silencieux et un peu raide devant elle, il passa un doigt sur son menton tout en réfléchissant.
Son esprit maintenant faisait machine arrière, réécoutant les dernières paroles qu’ils avaient échangé de manière à faire tout lumière sur l’affaire. Allant même jusqu'à déterrer leurs échanges passés pour y lever quelques mystères. Un léger sourire se dessina au coin de sa bouche.

- Tu veux des feuilles ? J’ai des feuilles. Affirma-t-il brusquement.

A son tour, il s’empara de la petite main, minuscule dans la sienne et entraîna sa souris vers le fond de la pièce, d’où il venait. D'une démarche rapide et assurée, il la mena dans un mélange de fermeté et de considération.

Il avait abandonné sa table sous un monticule de livres d’architecture et d’histoire de Londres - qui sait peut-être lui prendrait il l’envie de dessiner quelques gargouilles – et dans un coin de cette dernière le carnet qui contenait ses notes ainsi que son stylo.

La traînant à travers les rayonnages de livres, il pria intérieurement que l’on ne vienne pas les troubler. Mettant de côté l’architecture britannique, il lui semblait maintenant que la priorité se devait d’aller à sa toute nouvelle découverte du jour. Le pouvoir de la souris.

« San et Sean vont me gronder. »  Lorsque San interdisait, c’était au choix, dangereux ou très dangereux. Quoi qu’il en soit, cela revêtait un intérêt capital et promettait d’être excitant.

Que pouvait-elle faire ?

Elle voulait voir ce qui était derrière les danseuses ... la mise en scène avait-elle précisé. Peut-être naissait il quelques réalités de ses dessins. Donnait-elle vie à ce qu’elle esquissait ? Son esprit déjà s’était engagé dans l’un de ses travers, le coupant du monde alors qu’il échafaudait plus de plans à la minute que le Conseiller n’avait de cheveux sur le crâne.
La petite créature farouche était peut-être capable de dessiner l'intérieur des choses, la face cachée… Il ralentit le pas alors que sa table était en vue et se tourna vers elle, un air grave et sérieux. Au creux de sa poche, il lui semblait que la boîte à musique se faisait plus lourde.

- Je ne dirai rien, je te promets.

Après l’avoir dévisagée de nouveau quelques instants sans rien ajouter, il fit à nouveau volte face et se remit en marche.
Parvenu à sa table, il lui lâcha enfin la main, poussa les livres sur le côté et attrapa le carnet. D'un geste sec, il arracha la page sur laquelle il avait griffonné quelques symboles incompréhensibles et lui tendit le reste du carnet.

- Tiens. Montre-moi . Souffla-t-il en la regardant les yeux brûlants.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Jeu 2 Aoû - 23:35

Prise entre joie et surprise d’être traitée comme une poupée de chiffon, Amaya s’était faite traînée dans les rayonnages de la bibliothèque sans avoir son mot à dire. Sa main était grande, pas beaucoup plus que celle de Sean. La sensation était différente. Si l’un était délicat, l’autre l’avait serré tellement fort qu’elle se demanda s’il avait peur qu’elle s’envole. Il n’y avait aucun risque, il avait ce qu’elle convoitait tant. C’est tout juste s’il ne l’avait pas assis de force sur une chaise. Peut-être aurait-elle dû avoir peur. Mais étrangement, elle semblait aussi fasciné que lui. Et si lui la comprenait ?

- D’accord.

D’une main légère, elle attrapa le stylo et se mit à déchirer méticuleusement une première feuille. Avant de se mettre à l’ouvrage, elle observa intensément l’objet de son futur délit. Ce n’était pas un crayon et encore moins un pinceau, mais elle avait de quoi soulager cette digue qui pourrait causer des ravages si elle cédait. Doucement, sa magie coula comme l’encre qui le contenait. Elle aimait cette sensation. Se concentrant uniquement sur ce qu’elle voulait en faire, plus rien ne comptait autour. Il avait disparu ce mystérieux inconnu. La pièce autour d’elle n’était réduite qu’à néant. Il n’y avait plus rien d’autre que le matériel dont elle avait besoin.

Son stylo se posa sur la feuille et avec une rapidité et une précision à en faire pâlir les plus grands faussaires, “Répétition d’un ballet” se dessinait sous ses gestes d’enfant. Frénétiquement, elle retirait une à une les pages du carnet sans la moindre hésitation. Il était devenu le sien. Une possession qu’elle ne rendrait pas même si on la suppliait. Tel les pièces d’un puzzle, chaque morceau était déposé devant le jeune homme pour qu’il reconstruise la scène au fur et à mesure. Chaque trait était identique à l’original. À ce rythme il n’était pas certain que l’encre contenu soit suffisante.

Une fois le tableau finit, elle continua très exactement dans le même style que Degas. Les sièges du Palais Garnier se dessinaient. Faisant apparaître des personnages qui n’avaient pas existé normalement. L’un pointait du doigt une danseuse qui n’était pas placé à son goût. Pendant qu’un autre écrivait sur son bloc quelques notes sans aucun doute importantes. On pouvait pratiquement voir la couleur grenat des sièges. Les rideaux drapés aux balcons, les franges dorés et le plafond décoré. C’est comme si elle y était.

Sa respiration devenait lourde, elle fatiguait mais ne faiblissait pas pour autant. Son regard avait à peine cligné pour humidifier des pupilles. Ses mains commençaient s’endolorir, mais qu’importe, c’était quand elle créait qu’elle se sentait vivante. Il ne lui venait même pas à l’esprit qu’il ne comprenait certainement pas grand chose à ce qui était en train de se passer. Mais ses intérêts passaient d’abord. Il était tellement douloureux d’attendre. Le sang qui battait dans ses tempes lui donnait un nouveau rythme. Un métronome qui lui indiquait la bonne cadence.

Enfin, elle apposa le dernier détail. Ses mains se mirent à trembler, elle frissonnait. Elle n’apprendrait que plus tard quel était le nom de cette sensation, tout ce qui lui importait dans l’instant, c’est qu’elle se sentait délicieusement bien. La fresque s’étendait sur un bonne partie de la table. Et visiblement c’était tout à fait ce qu’elle imaginait. Les joues rosies, elle tendit l’objet qui était encore entre ses doigts.

- À toi.

C’était bien plus que ce qu’elle était capable de dire dans ces circonstances. Déjà le sommeil commençait à grignoter son esprit.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Jeu 9 Aoû - 0:21

Il riait si peu d'ordinaire, que son propre son le surprit pour commencer, avant de l'effrayer un peu.

- A moi ?


Il avait suivi des yeux – subjugué – la valse de son stylo sur le papier, le prenant presque en pitié de n'avoir été jusque-là qu'un simple outil scripteur de gribouillage et symboles quand il était visiblement voué à une grande destinée entre les bonnes mains. Alors qu'elle déchirait les pages une à une, il les récupérait pour reconstituer le puzzle du tableau qu'elle reproduisait à l'identique. Penchée sur son ouvrage, la souris n'avait plus rien de la petite créature effarouchée des instants d'avant. Elle lui avait semblée habiter l'espace comme si elle en prenait possession, dévorant des yeux des visions qu'elle seule pouvait voir, et maniant ce pauvre stylo comme s'il avait été le corps d'une des danseuses. Souple, fluide, le trait était précis, assuré et criant de vérité.
De son côté, il n'avait pas bronché, pas le moindre sourire n'était venu se glisser sur sa bouche sérieuse alors qu'il la contemplait. Pas avant sa remarque.

Son esprit, en revanche, avait exprimé son enthousiasme en effectuant quelques sauts périlleux très intériorisés alors qu'il envisageait le potentiel de la petite dessinatrice. Quand elle en vint à sortir du cadre – littéralement- il découvrir ce qu'elle appelait « l'autre côté » et fut frappé par l'évidence, désolé même que le peintre n'ait pas eu le bon goût de révéler lui-même ces détails pourtant très signifiants. Il caressa du regard, le juge impartial qui désignait d'un doigt accusateur la malheureuse danseuse dont la cambrure du pied laissait à désirer, embrassa le décor de ses yeux quand il en devina le tissu recouvrant les sièges sous la main habile d'Amaya et n'accepta de s'en détacher que pour l'observer, elle.

Fort heureusement, il n'escomptait pas récupérer son carnet…

Il finit par attraper l'objet qu'elle lui tendait, plus parce qu'elle semblait sur le point de s'écrouler de fatigue que pour esquisser la moindre tentative artistique. Il dessinait, de son côté, mais dans un tout autre but que celui de la petite créature qui lui semblait bien plus proche de la survie que de la réalisation artistique. Elle avait retrouvé son air étrange et lointain, la concentration l'avait quittée, ne laissant que quelques traces roses sur ses joues et étoiles dans ses yeux.

- Je suis incapable de faire ça. Sourit-il.

Si elle s'était piquée avec la mine du stylo, cogné le pied contre la table ou autre mésaventure, il aurait pu lui montrer ce dont il était capable, mais elle portait en bannière une telle sensation de plénitude et d'accomplissement qu'il doutait sincèrement pouvoir lui faire une quelconque démonstration. Un sujet qui ne le préoccupa tout au plus qu'une ou deux secondes puisque déjà, il effleurait du doigt les interrogations qui l'avait tourmenté un peu plus tôt.

– Mais puisque tu m'as montré ton secret, je vais t'en montrer un autre. Lui glissa-t-il non sans une pointe de malice.

Après avoir jeté un regard circulaire dans la pièce, s'assurant une fois encore de leur solitude, il extirpa la boîte à musique et la posa sur la table, face à elle.
Elle reconnaitrait sans doute l'objet, San l'utilisant bien souvent avec ses petits pensionnaires.

- Tu saurais dessiner ce qui est derrière ?  Questionna-t-il d'une voix sourde.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Jeu 9 Aoû - 16:45

Tout tournait agréablement. Les boiseries, les rayonnages colorés, les drôles d’oiseaux, les tables alignées. L’esprit vaseux, le peu de pensées qui habitaient sa tête s’envolèrent. L’enfant écoutait son étrange ami comme une voix lointainement familière. C’était une drôle de sensation. Pas déplaisante. Une sorte de torpeur, un peu comme un rêve dont elle peinait à se défaire. Toujours soigneusement mises en place, les feuilles la rappelèrent à la réalité. Il était parfois difficile de savoir quand elle était présente et quand elle ne l’était plus. Une fois de plus ses lèvres se tordirent. Le petit carnet était pratiquement épuisé. Une moue de tristesse laissa place à la confusion. Puis elle sursauta une fois de plus quand il refusa d’utiliser son cadeau et qu’il lui fit une demande incongrue. Comment saurait-elle ? Avait-il compris ? Non bien évidemment sinon il ne lui aurait pas posé la question.

Elle récupéra le stylo ensorcelé avant de le triturer en observant la boîte posée devant elle. C’était quelque chose qui ne lui était pas étranger. Lentement, le souvenir revint. Elle croisa les bras pour pouvoir poser sa tête. Sa cascade de jais s’écoula au compte goutte jusqu’à cacher la majorité de son visage. Libérant une de ses petites mains, l’objet fut déplacé de manière à avoir un autre point de vu. San en avait un aussi. Mais elle ne l’avait jamais vu ouvert. Il n’y en avait pas besoin, elle ne savait pas mentir après tout. Du bout d’un de ses longs doigts, elle en traça les contours.

- T’as toujours rien compris.

Toute l’énergie dont elle avait fait preuve plus tôt, s’était complètement évaporée. C’était une habitude. Impossible à suivre un esprit pareil, une brise semblait bien plus facile à saisir. L’ouvrage était une oeuvre d’art qu’elle contemplait d’un oeil intéressé mais perplexe. La fascination proche de l’obsession qu’il avait pour cette chose la dépassait. Peut-être que c’était ses peintures à lui. Et il ne comprenait visiblement pas celle-ci. Dessiner ce qu’il y avait derrière ? Oui si elle pouvait la réduire en miette. Mais elle était certaine que personne ne serait content de ses méthodes. Il lui arrivait aussi de pouvoir rester des heures à observer les drôles d’inventions éparpillées dans le manoir. A chaque fois elle découvrait de nouveaux détails dont elle était certaine qu’ils n’étaient pas présents la fois précédente.

La réponse était si simple qu’elle n’avait pas envie de la lui donner.

- Invente ta propre vérité si celle que tu vois ne te convient pas.

La science avait cette fâcheuse tendance à se compliquer la vie. La logique primait sur tout, contrairement à l’art. Et c’est ce qu’elle aimait. Soudainement elle se redressa et renvoya sa masse sombre vers l’arrière de son crâne, sa frange se clairsema un peu plus. De nouveau elle plongea son regard dans le sien pendant de longue secondes dans ce silence pesant. Puis elle se leva sur sa chaise et commença à escalader la table. Ses pieds nus suivait une ligne invisible. Chacun de ses pas l’amenait à enjamber ce qui pouvait l’entraver mais sans ne jamais rien faire tomber. A cet instant, elle s’était transformé en chat longeant un muret. Puis elle claqua sa langue comme à bout de patience.

- Avec ton pouvoir, tu ne sais pas ce qu’il y a dessous ?

À présent bien plus grande que lui, elle pencha la tête sur le côté comme la multitude de hiboux qui les entouraient, espérant ainsi certainement mieux le comprendre.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Sam 11 Aoû - 18:33

« Rien compris ? » Le feu de passion laissa place à un éclair de colère au fond des yeux sombres. Comment une enfant d'une dizaine d'années pouvait-elle faire de telles assertions avec autant d'aplomb ?

Elle enchaîna sur quelques notes mystères qui mirent fin à l'incendie naissant, et il l'observa ensuite jouer les funambules sur la table, de nouveau intrigué par le personnage.
Elle l'observait de haut maintenant, et il fut amusé de constater à quel point on s'habituait vite à avoir un certain point de vue sur les autres. La voir par en-dessous l'amenait à la considérer différemment, il s'en amusa brièvement. Avant de revenir aux interrogations de la souris.

- Inventer sa vérité ça s'appelle un fantasme.

Murmura-t-il en la dévisageant toujours. A nouveau, cette vision de rouages étranges se dessina dans son esprit. De toutes évidences, la petite n'était pas sotte, mais il y avait quelque chose en elle d'insaisissable et de volatile qu'il ne parvenait pas à définir. Un commun aurait dit que quelque chose clochait. Les autres savaient, que parfois la magie s'avérait être lourde de conséquences. C'était un peu comme si son esprit s'évadait de la réalité pour passer derrière, un peu à la manière des tableaux qu'elle peignait. Il se demanda alors si le monde qu'elle voyait n'était pas plus effrayant que pour les simples peintres qui se contentaient de rester sagement dans leur cadre.

- La tienne te convient ? Questionna-t-il.

L'abandonnant du regard, il s'empara à nouveau de la boîte à musique qu'il tourna et retourna sous ses yeux curieux.


6 mois plus tôt.

A plat ventre sur le lit, elle gribouillait des notes dans les marges de ses cahiers. Sa masse de cheveux retombait sur ses épaules nues, et lui ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle jouait à rejeter régulièrement ses cheveux en arrière pour les dénuder davantage.
- Tu sais que je peux t'hypnotiser ? Lança-t-elle soudainement.
- Vraiment ? Voilà autre chose...marmonna-t-il distrait en s'appliquant à paraître plongé dans son livre.
- Tu ne me crois pas ? Demanda-t-elle en se redressant brusquement.
Il soupira et ferma son livre. Lorsque Jace se lançait dans de tels débats, il était inutile d'escompter faire autre chose que l'écouter.
Féline, elle bondit du lit et vint se placer devant lui en lui attrapant le menton de ses doigts fins.
- Regarde-moi bien dans les yeux…
Un sourire narquois aux lèvres, il leva brièvement les yeux au ciel et s'exécuta enfin.
- Milàn James, regarde-moi bien…
Elle était à quelques centimètres à peine de son visage. Si près qu'il pouvait compter les cils qui encadraient ses jolis yeux. Il sentait son souffle sur sa bouche et une mèche de ses cheveux lui chatouillait la joue.
- Tu vas m'aimer James… Tu vas tomber éperdument amoureux de moi… sourit-elle.
Il se dégagea en la repoussant d'une main.
- N'importe quoi…
De son côté, elle le regardait d'un drôle d'air, repoussant à nouveau ses cheveux en arrière.
- Tu verras, lança-t-elle. Un jour, tu m'aimeras vraiment. Affirma-t-elle un brin boudeuse.




Mentir à quelqu'un c'était très simple. Il fallait de l'aplomb, du sang-froid et une bonne maitrise de son regard et sa voix. Le reste n'était que circonvolutions de l'imagination. Mentir à la boîte – et donc à San - en était une autre. Il s'y appliquait depuis quelques heures maintenant et était sur le point de le déclarer impossible. Affirmation qui l'ennuyait profondément, puisqu'il aimait à croire que rien ne l'était vraiment. Après tout, l'absence d'une chose n'avait jamais prouvé son inexistence. Restait à savoir comment fonctionnait cette petite chose.

La quête de vérité était donc bien loin d'être son objectif.

- Je ne suis pas le seul à ne pas comprendre… marmonna-t-il toujours un peu vexé. Je me fiche bien de la vérité, je cherche seulement à savoir comment elle fonctionne. poursuivit-il en haussant les épaules avant de remettre précieusement la boîte au fond de sa poche.

Passant volontairement sur la remarque à propos de son pouvoir, il se tourna à nouveau vers les feuilles de son carnet, éparses sur la table. L'autorisait-elle à en conserver quelques-unes s'il lui demandait ?

- Il te faudrait des feuilles plus grandes… Constata-t-il en regardant le nombre qui avait été nécessaire pour parfaire son œuvre.

Puis, relevant brusquement la tête pour la fixer d'un regard à nouveau consumé, il lança en désignant les feuilles du menton:

- Tu m'expliques ?

Mettant sa fierté de côté, il se mordit la lèvre inférieure avant d'ajouter :

- Si tu m'expliques je te trouve de grandes feuilles … et des couleurs. Ajouta-t-il, incapable d'accepter l'idée même qu'on lui dise qu'il n'avait « rien compris ».
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   Lun 13 Aoû - 0:19

La pluie venait de redoubler de force et frapper les fenêtres dans une cadence infernale. Un temps béni. Toujours debout, l’enfant s’approcha du bord pour se pencher tel un funambule. Il était plongeait dans un monologue qu’elle ne pourrait égaler. Trop parler n’arrangeait rien. A l’orphelinat, on la détestait entre autre pour ça. Et les dessins qu’elle faisait les effrayaient. Les yeux bleus glacés de la directrice apparaissaient encore régulièrement dans ses cauchemars. Mlle Parker l’appelait le monstre. Ses habitudes étranges n’arrangeait rien. Cinq années ici et certaines choses ne disparaissaient toujours pas. Ce garçon avait des attitudes marrantes. Elles les auraient bien dessiné pour s’en souvenir. Peut-être que comme Mlle Parker, elle se rappellerait la couleur de ses iris. Jugeant qu’il était temps de redescendre, Amaya se laissa glisser le long de la table pour s’asseoir sur le rebord. Les jambes se balançait au rythme frénétique de l’eau.

Un fantasme. C’est plus intéressant qu’une vérité. Les vérités sont ennuyeuses.
Son regard se porta plus loin. Les tranches colorés des livres réveillèrent son envie de peindre. Dessiner était bien mais il lui manquait les couleurs. Plus tard, elle aurait sa propre pièce où elle pourrait tout entasser et elle ne manquerait de rien. Tous les pigments dont elle rêvait sur une étagère, rangés par teinte. La réalité s’étiolait. C’était décidé et personne ne pourrait la faire changer d’avis. Puis elle redressa la tête quand il prononça enfin une phrase digne de son intérêt. C’est à peine si l’expression de son visage changea, mais elle le pencha en arrière pour réfléchir.

- Même de l’aquarelle ?

Ses envies changeantes avaient toutes un point commun, l’art. La semaine d’avant, elle avait obligeait Sean à lui offrir une boîte de pastel sèches. Son envie de peindre sur les murs avait pris le dessus et elle avait tapissé le dortoir de ses feuilles pour qu’on ne lui dise rien. Le lieu devenu un port aux lointains galions n’avait pas plu à tout le monde. Et très vite tout avait été décroché. Sa pochette dégouliné en tout sens de ses créations dont personne ne profitait. De temps à autre, quelqu’un venait demander un portrait, mais ça s’arrêtait là. Il n’y avait rien de mal à ses actes et elle y veillait. Bien décidé à partager son secret avec quelqu’un, elle vérifia le stylo qu’elle lui avait confiée avant de le recharger un peu en magie. Il devenait difficile de veiller. Elle commençait à se vider et le sommeil essayait de prendre le dessus. De nouveau elle lui tendit sans lui laisser le choix.

- Dessine.

Le laissant essayer de lui même pour qu’il comprenne enfin ce qu’elle tentait de lui dire, elle s’interessa de nouveau à la boîte. Rangée, elle n'hésita pas un seul instant instant à glisser ses doigts au plus proche du jeune homme pour en récupérer le bien, avant de reprendre de nouveau sa place. Cette fois ses mains la prirent et elle l’ouvrit délicatement. Le bruit qui s’en échappait l’absorba. Le son la berçait mais elle ne percevait rien qui pouvait aider son nouvel ami. Il y avait quelque chose d’étrange, mais rien d’apparent. Quelque chose lui disait que si elle essayait de laisser son empreinte dessus ça ne marcherait pas. Quelque part, la peur de décevoir se faisait forte. Est-ce que lui aussi la traiterait de monstre ? Elle s’acharnait à tenter de trouver ce qui l’obsedait tant. Mais plus elle s’obstinait à chercher et moins elle trouvait. Sa concentration lui faisait défaut. Rien de surprenant quand une enfant de dix ans manque de repos. Ses yeux se mettaient à papillonner dangereusement.
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MessageSujet: Re: Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent   

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Cuimhne [Amaya] •12 octobre 2002 • The Doyent
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