Playlist d'Infernum
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 Pages volantes

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SALEM
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MessageSujet: Re: Pages volantes   Ven 23 Fév - 5:46




Les soeurs babashka qu'on les appelle
Babashkoi?
Babashka !
Ah oui.... et  ?
Et donc, on raconte que ce sont des sorcières.
Qui raconte ?
Des gens.
C'est plutôt large "des gens".
Ben qu'est-ce que j'en sais, moi, qui raconte ?!
Pardon, pardon... et ?
Et donc, elles seraient jumelles. Du coup on saurait jamais qui est qui, mais le truc tu vois, c'est qu'elles ont des pouvoirs différents
Quel genre de pouvoirs ?
Ca, j'sais pas.
D'accord, continue...
Une fois par mois, elles partiraient en ville pour faire leurs courses.
Parce qu'elles n'habitent pas en ville ?
Non, elles sont en dehors, ça me paraît évident !
Pourquoi évident ?
Ben t'imagines une sorcière qui habite en ville ? A force elle finirait par se faire pincer.
Oh, peut-être pas. Autant des sorciers vivent autour de nous et on ne le sait pas.
Ha ha, très drôle Marc, très drôle...
Donc, elles partent faire leurs courses une fois par mois.
C'est ça.
Et c'est tout ?
Non ! On dit que c'est un prétexte pour qu'elles trouvent leur prochaine victime.
Une victime ?
Un enfant.
Ca devient nettement plus glauque ton histoire.
Ouais, je sais. Et donc elles kidnapperaient un enfant qu'elles donneraient ensuite en offrande.
A leur dieu ?
Ouais, un truc dans l'genre. Mais le pire, c'est que personne s'en inquiète.
Vraiment, pourquoi ?
Ben c'est comme si l'enfant disparaissait de la mémoire de tout le monde.
Hum...
C'est une histoire un peu bizarre parce que, quand tu fais des recherches sur le net, y'a toujours un témoin pour dire que ça lui rappelle quelque chose.
Etrange.
Ouais, on dirait qu'eux aussi ils ont oublié.
Et toi aussi, tu as l'impression d'avoir oublié?
Un peu, ouais... Pour ça que cette histoire m'intrigue, ça m'laisse pas indifférent tu vois ?
Je vois... je vois tout à fait.
C'vrai ?
Oui.
.... Tu te foutrais pas un peu d'ma gueule, par hasard ?
Oh non, ton histoire est pertinente.
...

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MessageSujet: Re: Pages volantes   Ven 23 Fév - 5:53



6 janvier 2012

Alerte
Alerte
Intrusion dans la base de données, intrusion dans la base de données.


— Allo ? Allo ?! Oui, monsieur le sous-conseiller ?! .... Je... Non, je ne comprends pas... Oui bien entendu, bien entendu ! Le logiciel de détection vient de nous l'apprendre à l'instant et..... oui bien evidemment nous allons régler le problème...je...allo... allo ?

intrusion dans la base de données, suppression en cours...
.... suppression du code de sécurité 0XG564587
....  suppression du code de sécurité MP958J3OE
.... suppression du code...


— Pierce qu'est-ce que tu attends pour DÉVERROUILLER l'ACCES
— Je... c'est bloqué monsieur
— Bordel de merde ! Dégage de là !

L'homme le repoussa et prit sa place sur la chaise. Les sourcils froncés, il arrangea ses lunettes avant de pianoter sur le clavier à une vitesse affolante. Autour d'eux, tous courraient, des tablettes à la main, passant des coups de fil.

suppr...données....

Le scientifique releva la tête, inquiet.

— Qu'est-ce qui se passe maintenant ?!

Un drôle de grésillement se fit entendre, puis un bip sonore. La voix de l'ordinateur de contrôle fut remplacée par ce bip strident durant de longues minutes. Les experts informatiques -au moins une trentaine dans la grande pièce munie d'ordinateurs à la pointe de la technologie- continuèrent de s'affairer en essayant de reprendre les commandes du logiciel.
Soudain, le bip cessa. Au même moment une fenêtre noire s'afficha sur tous les écrans allumés. Dessus, un texte et une icône en guise de titre : un smiley bleu vieillot et dépassé.

.......TWITTS échangés 10 000
...........FACEBOOK 10 000 publications


à la stupéfaction de tous, les chiffres continuèrent d'augmenter : 11 000 ! 15 000 ! S'y rajoutèrent des sites, une liste qui défila à mesure que les lignes affluaient : une ligne de plus, une ligne de plus...

— C'est pas vrai... souffla l'informaticien qui avait été éjecté de sa chaise. Il regardait dorénavant l'écran par-dessus l'épaule du scientifique, la bouche entrouverte.

— Monsieur, quelqu'un vient de publier le site de la Triade. Encore un autre, encore...

— J'ai compris MERCI !

Le téléphone rouge sonna. Fébrile, le scientifique se leva et alla décrocher. Il ne prononça pas un mot durant tout le temps de l'échange au bout du fil. Finalement, quand il raccrocha, sa mâchoire était devenue étrangement crispée. Toutes les têtes se tournèrent vers lui. Mais le scientifique les ignora et alla se rasseoir à son poste.

— ...Monsieur ?
— Nous avons un jour. Un jour pour réparer la faille.

—... Monsieur... j'ai déjà vu ce smiley quelque part, je crois... je crois qu’ils se nomment Weknow.
Le scientifique réajusta ses lunettes pour la seconde fois puis se remit à écrire sur son clavier

— Weknow... Bordel... comme si j'en avais quelque chose à foutre de comment ils s'appellent... Je veux qu'on les coince, je veux qu'on les arrête et je veux voir leur tête de connard rayée de la carte, ALORS METTEZ-VOUS AU BOULOT !

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MessageSujet: Re: Pages volantes   Ven 23 Fév - 5:59



— Goooooood Morninnnng Londonnn !

rires de fond

Un homme lève son nez de son journal

— Eh bien Bill... dis moi, tu es de bien bonne humeur aujourd'hui.

Un homme en uniforme d'officier passe alors le pas de la porte, ouvrant les bras.

aussitôt, bruit d'un public qui applaudit et s’esclaffe

Un peu mon neveu ! (you bet!) Figerald a enfin réussi à comprendre comment marchait un parcmètre !

rires

L'homme qui tient son journal fronce des sourcils

— Ah.... je pensais qu'il avait enfin réussi à résoudre son enquête.

L'homme qui vient de rentrer lui lance un coup d'oeil attéré.

— Tu crois au père noël ou quoi ?

grands éclats de rires


La télé s’éteint. La secrétaire, Margot, envoie alors un regard courroucé au sergent qui vient de récupérer la télécommande posée sur le bureau.

— Je n'ai plus aucun dossier à traiter.
— Eh bien trouvez-en un autre ! Bill l'officier ... je n'arrive pas à croire que vous travaillez ici et que vous ayez le culot de regarder ça !

Margot hausse des épaules, croisant ses larges bras sur son buste volumineux.

— Je trouve la série plutôt drôle.

Le sergent cligne des yeux, sa tasse de café dans une main. Celle qui tient la télécommande vient accabler Margot en la désignant.

— Drôle ? Vous trouvez que c'est drôle ?!

Un des officiers qui passait par là se retient de lever les yeux au ciel. C'est la troisième fois ce mois ci que leur Sergent en vient à s’énerver contre Margot parce qu'elle s'occupait avec les chaînes des informés.

— Vous ne voyez pas ce qu'elle essaie de faire ? La Triade ?
— Et c'est reparti... soupire Margot

— Elle se moque de nous ! s'égosille-t-il, manquant de répandre son café au sol. — Vous savez ce que m'a dit un jeune quand je suis passé en perquisition? Vous le savez ?! Il m'a dit : est-ce que c'est vous, Bill l'officier qui...

— renverse toujours son café... murmure Margot à l'unisson.
— Est-ce que j'ai l'air de RENVERSER mon café moi ! hurle-t-il maintenant, sa tasse qu'il agite frénétiquement en même temps que la télécommande.

Margot soupire en haussant des épaules pour la seconde fois.

— Si vous détestez tant que ça les chaînes des informés, ben vous auriez pas dû commander la box bleue.

Le sergent semble un tantinet se calmer. Au moins pose-t-il sa tasse sur le bureau de Margot. Mais pas la télécommande.

— Oh non non, ça leur ferait trop plaisir, le conseiller et toute sa clique ! S'ils pensent que je vais refuser de me renseigner sur mes ennemis !
— Vos ennemis, voyez-vous ça ?
— Façon de parler !

Ils se regardent un moment. Finalement, le Sergent se racle la gorge.

— Euh...et sinon, des appels pour moi?

Margot reste silencieuse de longues secondes, l'air sévère. Alors le sergent danse un peu sur ses talons, devenu légèrement mal à l'aise.

— Non monsieur le Sergent, aucun appel pour vous. finit-elle par répondre très distinctement.
— Ahem..bien, bien, très bien ! Oui... donc, je repars dans mon bureau moi.

Il se dirige vers son office puis soudain semble se raviser, tapotant nerveusement la télécommande dans sa paume libre.

— Bon euh... et que je vous reprenne plus à regarder ça hein. C'est Ligma ici, pas une salle de cinéma !

Il lui tend la télécommande qu'elle récupère avec lenteur, puis s'éloigne en maugréant dans sa barbe.

A peine a-t-il claqué la porte de son bureau que Margot rappuie sur le bouton du boitier.

rires de sitcom qui reprennent.

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MessageSujet: Re: Pages volantes   Ven 23 Fév - 6:08

— Alors c'est toi la nouvelle recrue ?... Ma parole, mais ils les font de plus en plus petits !
— Euh...

Il lui balance le gros sac qu'il tenait par la hanse, manquant de le faire tomber.

— Allez j'ai pas de temps en perdre là, là ! Prends ton sac et tu me suis.

Ils passent les portes de l'aile Ouest. Le jeune homme a encore du mal à croire qu'il est dans le sous-sol. Les locaux de la Triade... incroyable

— Ton identité ?
— John Salvator Chef !

Le milicien grogne

— Je t'ai pas demandé le doux nom que minaude ta génitrice ! Ton numéro ID imbécile !
— Ah... oui! Euh... 1689 785 456 D

Le milicien fouille dans sa poche et en ressort un petit boîtier. On dirait une tablette minuscule. John tord son cou pour essayer de voir ce qu'il regarde, mais le milicien range sitôt l'objet après un bref coup d'oeil.

— Ouais d'accord.. Bon alors je t'explique. Je sais pas comment c'est possible, vu ton aspect gringalet, mais t'as été admis à l'école de la Milice. Ici, on ne rit pas, on ne parle que si on te le demande, et appeler ta mère, j'en ai rien à fiche si t'es devenu la petite copine d'un gros bras d'ici, mais tu gardes ça quand tu seras recalé.

Ils traversent des portes en métal automatiques. Le milicien passe son poignet contre un écran étrange sur une borne à droite, puis l'entrée d'un énième sas passe au vert.

— Une chambre t'es attribuée, et dedans t'y joueras pas à la dînette. Tu y vas pour dormir et pour chier, le reste je veux pas savoir, je veux rien entendre. Vous êtes quatre à l'intérieur jusqu'à l'année prochaine où vous serez sans doute que deux. Ton apprentissage dure sept ans, et chaque fin d'année y'a un concours. Et j'te parle pas de m'écrire un fucking roman de six pages, si t'as envie d'être écrivain tu peux tout de suite faire demi-tour. Capiche ?
—..Ou... Oui chef...

Le jeune homme a de plus en plus de mal à le suivre tant son sac pèse lourd. Il voudrait s'arrêter un moment pour passer les hanses du sac à dos, mais le milicien marche trop vite et il a peur de le perdre de vue!

— Bon... là tu fais gaffe, c'est un corridor.



— Le corri...dor ? peine à demander John

La seconde porte de sécurité s'ouvre et laisse entrevoir une nacelle grise qui s'étend en un long couloir. John faillit en lâcher son sac pour le coup. Mais comme le Milicien s'arrête et se retourne vers lui, il a le temps de mettre son sac -enfin !

— Ouais, c'est plein de turbines ici, t'en trouveras un peu partout des corridors, ça utilise le mouvement pour créer de l’énergie et....  Bref on s'en fout, c'est ce qui alimente en énergie... ah, et si tu tombes dedans, t'es transformé en pâté.

Le milicien reprend sa marche en ignorant le regard rond de la nouvelle recrue. A mesure qu'ils traversent le pont, un homme affublé d'une cape noir passe dans l'autre sens. Il salue le milicien d'un geste amical.

— Salut Bjork, encore à jouer les mères poules à ce que je vois...
— Ouais, ouais... et toi ? Toujours à gratter sur ton calepin pour noter qu'un mage a forniqué avec un loup ou ch'ai pas quoi ?

L'homme a la cape rigole de bon coeur puis lui envoie un clin d'oeil en guise d’adieu. Derrière lui, une étrange silhouette le suit. Vêtue des pieds à la tête d'une toge noire, elle fait ralentir l'allure de John qui ne peut s'empêcher de l'observer. La silhouette porte un masque blanc. No face. C'était ça un no face ?!



La silhouette masquée le regarde à son tour lorsqu'ils se croisent. Soudain, il sent le bras du milicien lui agripper le bras.

— Le regarde pas idiot ! On ne regarde pas un no face, jamais !
— Je... désolé ! balbutie John. Il se retourne en réprimant un frisson d'horreur. Il a le sentiment de sentir le regard de la silhouette dans son dos. Après avoir passé le corridor, ils arrivent sur d'autres couloirs tout aussi longs. A un moment, le milicien désigne un mur sur le côté. Il faut quelques secondes à John pour comprendre qu'il s'agit en réalité d'une vitre à demi-teinte. De l'autre côté, il discerne des silhouettes qui semblent s'entraîner.

— Ici, c'est une des salles générales d'entraînement. L'endroit où tu passeras le plus clair de ton temps.
— Oui chef.
— Si t'as été accepté, c'est que t'as déjà réussi les tests d'entrée... qui l'aurait cru en te voyant, hein ? Ouais donc, si tu te casses un bras, un pied ou une jambe, tu joues pas le courageux et tu files direct à l'infirmerie. On a pas le temps pour ces conneries, si t'es pas efficace, tu deviens un poids mort pour tout le monde.

Il s'arrête à nouveau et pianote sur porte munie d'un digicode bleu. Le sas se dépressurise, alors le milicien lui fait signe d'avancer. Une fois passé, le contraste est assez déroutant. Plein de miliciens -des jeunes pour la plupart qui doivent être des recrues elles aussi- viennent et vont en groupe. Quelques-uns s'arrêtent pendant qu'ils passent. Il y en a même un qui donne un coup de coude à son pote, un sourcil arqué et un sourire goguenard aux lèvres. John baisse le regard et se contente de suivre le milicien.
Ils marchent encore dix minutes puis l'homme lui désigne un couloir plus petit. Il lui fourre dans les mains une petite carte bleue qui ressemble à une carte de crédit avec son numéro ID dessus.

— Dernière porte à droite, c'est ton dortoir. Dans vingt minutes, ça sera la cérémonie d'entrée pour les nouveaux. Sois pas en retard, capiche ?

Le jeune acquiesce en silence. Il doit sans doute être un peu pâle, parce que le milicien lui envoie une tape franche sur l'épaule.

— Allez, t'es un des privilégiés de ce monde. Laisse pas passer ta chance ok ? Les  recrues sont dures ici, elles te feront pas de cadeaux, mais ça fait partie de ton apprentissage !

John voudrait le remercier, mais il se contente d'hocher encore de la tête puis de se retourner. Le milicien l'arrête en chemin, lui prenant le bras.

— Autre chose gringalet. Ici on ne pose pas de questions. Ceux qui sont au-dessus de toi, tu leur obéis. Mais plus encore : les gens que tu croises, comment on te soigne, comment le système des lieux marche et les scientifiques qui y travaillent, tout ça, tu le vois pas, t'entends rien, tu cherches pas à comprendre. Capiche ?
— Oui, merci chef.
— Me remercie pas gamin. A partir de demain tu pourras commencer à pleurer.

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MessageSujet: Re: Pages volantes   Ven 23 Fév - 6:16



Arthur était un garçon comme un autre. Il n'aimait pas beaucoup les cours mais il adorait l'école pour pouvoir y retrouver son groupe d'amis. Le macadam faisait un bruit d'éclopé, comme un pied bot sans trop de peau qui racle le sol : clop clop clop, quand il courrait avec ses semelles lourdes. Son père lui avait confectionné les meilleures bottines de tout le comté -croix de fer!- mais il y avait toujours ce petit son proprement désagréable quand il courrait : clop clop, mais pas comme un cheval qu'il vous dit, plutôt comme un os que du gravier écure. Une fois rentré de l'école, il adorait traîner en compagnie de Doyle. Doyle était un vrai brutal avec un des chiens du canton, Pitz qu'il s'appelait -Arthur n'avait encore jamais vu un chien aussi grand-, mais il assurait à Arthur que le cabot le méritait. Aussi en cette fin de journée, puisque son daron était encore dans les mines à se colorer la gueule, Arthur avait voulu voir si c'était vrai que le chien méritait d'être rossé. Donc il a lâché son sac dans la maison puis il est vite retourné dehors avant que la mère soit plus trop occupée à éplucher les patates et qu'il lui viendrait à l'idée de l'appeler pour faire quelque chose -elle trouverait quoi. Doyle l'attendait adossé à la clôture. Il était un peu rondouillard mais dans le genre charpenté, ce qui lui offrait toujours le privilège de mettre une droite en premier ; comme ça le p'tit con sur lequel ils jetaient leur dévolu, avec les copains, était assez sonné pour que les châtaignes qui suivent fassent super mal vu qu'il pouvait plus se défendre. Après, ils ont tracé sur le chemin qui est mal praticable, plein de boue, c'était toujours le cas quand il pleuvait et il avait plu la veille au soir. Doyle a pointé son doigt vers le hangar et Arthur a dû plisser ses yeux pour mieux voir le chien noir, à quelques mètres, accroché à une chaîne devant la taule du hangar elle aussi noire. Il avait pas fière allure, très maigre et des poils qui poussaient plus à certains endroits. Sa gueule était un peu démontée, ça Arthur en était persuadé parce que son profil suivait pas bien la courbe de ce que ferait un museau normal. Pendant qu'ils se rendaient vers la bête, Doyle lui expliqua que le museau déglingué était sûrement son oeuvre. Il avait toujours été doué aux lancés de pierres ; Arthur, lui, était le meilleur pour cracher le plus loin. Comme la pierre était en peu lourde le chien se l'était reçue en pleine gueule, et le moins qu'on puisse dire c'est que le coup avait retenti fort ! Ca faisait trois mois de ça déjà, mais l'animal semblait pas vouloir crever.

— Mais tu sais, jcrois bien que c'est un loup. Pas un chien, Arthur, un loup. Et je pense aussi que les loups, ben ça doit guérir très vite, j'vois pas d'autres explications, que lui avoua Doyle.

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MessageSujet: Re: Pages volantes   Lun 26 Fév - 9:00




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MessageSujet: Re: Pages volantes   Lun 5 Mar - 23:49




"C'est compliqué pour le moment, mais je te le promets que la justice sera rendue. Alors ne fais pas de connerie, s'il te plaît Joseph, je sais que les choses vont se régler..."

Elle ne savait rien, strictement rien... Il se mit à rire doucement, ressortant les clopes avant de s'en coincer une dans le bec. Prenant une profonde inspiration, il laissa son crâne reposer contre la banquette.
Les paroles de Julie lui revenaient en tête, encore.

Tu ne peux pas y aller seul Joseph : pense à ta fille !

— Ma fille saura que ch'ui mort en héros... qu'il murmura d'un air absent, prenant son briquet pour en allumer la mèche.
Expirant sa fumée, il la regarda voler, comme ailleurs.  Malgré lui, l'image d'Emma s'imposa dans son esprit.

— Jo' ?!

Ah... alors elle avait fini par le retrouver. Un bus abandonné en pleine forêt n'était manifestement pas une planque suffisante, pensa-t-il. Une tête brune apparut à travers la porte du bus.

— Entre et ferme derrière toi, qu'il lâcha d'un ton las.

— Merde Jo, et merde! T'es blessé !

Il désigna vaguement son ventre, feignant la surprise.

— De quoi, ça ? Mais ce n'est rien, rien du tout...

Aussitôt la brune accourut vers lui. Fébrile, elle ôta sa veste puis la déchira pour en faire un bandage de fortune.

— Déjà les préliminaires ? Laisse-moi le temps de finir ma clope...

— La ferme Jo, la ferme ! Tu sais que tout le monde te cherche ?! Julie se fait un sang d'encre !

— Faut pas, grommela-t-il. Il poussa malgré lui un grognement quand elle s'attela à épancher la blessure avec ce qui ne ressemblait plus du tout à une veste.

— Penche-toi en avant, j'arrive pas l'attacher
— Ca ne sert à rien...
— Décale-toi du mur j'te dis !

Il lui attrapa le bras, le visage inflexible.

— Sora... ça ne sert à rien.

Des larmes commencèrent à rouler sur les joues de la brune qui hochait la tête. Elle se laissa tomber à genoux face à lui. Ses mains toujours sur le ventre de l'homme étaient devenues pleines de sang.

— Pourquoi ?
Il fixa le plafond du bus avec calme.
— Ce doté a tué mon fils...
— Nous sommes une famille. Hayes aurait pu..
— Hayes n'aurait rien fait du tout, coupa-t-il sèchement avec colère. La brune sembla se reprendre un peu. Elle attrapa son téléphone dans la poche de son jean.
— Ecoute Jo, tu délires... je...je vais te sortir de là, d'accord ? On va appeler l'un des Corbeaux et..
— Sora, repose-moi ce téléphone...
— Ils t'aideront... ils...
L'homme s'empara du flingue rangé sous sa veste et le pointa sur Sora.
— J'ai dit, repose ce téléphone.
Alors elle se figea, rabaissant lentement l'objet.
— Tu... qu'est-ce qui se passe ? Jo ? Qui t'a blessé ?
— Vers la banquette avant, tu y trouveras un bidon d'essence. Tu dois foutes le feu à ce bus, est-ce que tu as compris ?
— D'abord on doit te sortir de là, je vais te sortir de là !

La cigarette au coin de ses lèvres venait de s'éteindre mais l'homme continuait de tenir en joug la brune sans sourciller.

— C'est trop tard pour moi... Ecoute, Sora, écoute-moi bien. Il y a des choses que tu ne sais pas. Tous les dotés ne sont pas logés à la même enseigne... Fais juste ce que je te demande, fais-le...

Son arme se rabaissa graduellement à mesure qu'il tremblait de plus en plus.

— Si...Si la Triade s'en donnait les moyens, elle pourrait... tous nous effacer de la circulation. Mais elle le fait pas... Elle le fait pas.

Le pistolet tomba à terre.

— Jo !

L'homme soupira, les yeux mi-clos.

— Tu sais... On vit vraiment dans un drôle de monde... un drôle de monde... souffla-t-il en guise de dernière parole.

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MessageSujet: Re: Pages volantes   Dim 10 Juin - 20:05


Les ombres sont une projection
Et parfois, il arrive que cette projection n'ait plus rien d'immatériel
.


Je suis né ici, dans le froid et la vétusté, caché aux yeux de la société comme un pariât. Je suis né hors des tours, au milieu des troncs qui, le soir venant, ressemblaient aux corps pétrifiés de malchanceux.
J'ai appris à manier notre don dans le plus grand des secrets, et j'entends de plus en plus souvent les murmures de ceux qui décident.
Je ne cherche pas à savoir. Je les ignore. J'espère qu'ils oublient leurs plans, bien que, face à leur regard décidé, je crains qu'ils ne puissent oublier.
Ils n'ont jamais oublié.
Ils se préparent simplement, car une fois leur décision prise, elle sera irrévocable.

Je suis né ici, inconnu du monde.
Jusqu'à quand ?

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MessageSujet: Re: Pages volantes   Ven 17 Aoû - 23:40


Si vous éclairez assez longtemps un bouquet aléatoire d’atomes, vous obtiendrez une usine Jeremy England.

Mes études m'ont mené vers les confins de l'existence - et il fallut au passage, pour cela, que je m'abrite aux confins du monde. C'est pourquoi, logé à plus de sept cents mètres d'altitude, je n'ai entretenu de contacts qu'avec les seuls habitants du temple. Persuadé de leur offrir mes connaissances, il semblerait que ce fut plutôt eux qui me permirent d'ouvrir mon regard sur le monde, de penser autrement.
La vie est devenue une question d'introduction, elle qui avait, jadis, pris le centre de mes recherches ; j'ai compris qu'il fallait s'éloigner de la raison d'être pour se rapprocher de la celle d'exister. J'ai saisi, surtout, que le sens de la vie n'était que ce nous cherchions à lui donner, qu'autrement, il n'était pas question de sens mais plutôt d'une boucle que la fonction infinie rend aberrante à justifier.
Pourquoi la vie et sa magie.
Parce que.
Juste, parce que.

C'est une conclusion frustrante pour l'homme de sciences que je suis, qui ressent ce besoin constant de trouver une finalité aux problèmes.
S'il n'y a pas de but, alors pourquoi m’étendre dans ce projet, me reculer du monde, me nourrir exclusivement de fruits et de légumes capables de pousser ici-haut, me laver à l'eau froide et m'éclairer à la bougie, si ce n'est pour recevoir qu'un simple parce que ?

Tout simplement Parce que la vie est ainsi faite. Dénuée de sens, elle s'en crée un pour ceux qui deviennent doués de conscience, une conscience née de l'évolution et d'élémentaires, mais puissantes, connexions d’énergie, elles-mêmes provoquées par le besoin inhérent qu'ont les atomes de se rassembler. Cette raison, tangible, munie d'un début et d'une arrivée, crée le chemin de notre vie.
Et c'est exactement ainsi que fonctionne la magie.

Si une telle chimie a pu créer la conscience, et la magie, et tout ce que nous connaissons du genre vivant, alors je n'ose imaginer ce qui nous reste inconnu à ce jour.

En revanche, le seul et unique mystère trop complexe duquel je n'ai pu trouver de réponses -même incomplètes- ne pose pas la question du pourquoi, mais du comment ?

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