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 Alexander C. Boyle - Mr Robot

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Localisation : Londres

MessageSujet: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Mer 19 Sep - 16:32


Nom et Prénom : Boyle Alexander Camil
Âge : 28 ans
Nationalité(s) : Américaine
Statut Civil : Célibataire
Ville et date de naissance : Bâton Rouge, Louisiane, 4 novembre 1990
Orientation sexuelle : Bisexuel
Métier : Editeur
Race : Communs
Faction : Hayes
Foi magique : Aucune
Sixième sens: /
Pouvoir originel: /
Crédit Avatar: Ben Barnes









(restez succinct)

4 novembre 1990 : naissance dans l'Etat de Louisiane, à Bâton Rouge, de Alexander Camil Boyle.

1994 : installation de la famille à New York.

1995 - 2010 : Scolarisation d'Alexander au Crystal Palace.

4 novembre 3 décembre 2002 : Première cible abattue, entrée officielle parmi les Chasseurs.

mai 2010: Remise de son master en littérature anglaise.

2010 - 2015: Travaille comme éditeur/ correcteur pour l'entreprise de son père.

6 juillet 2016: Prend la succession de son grand-oncle à la tête de la succursale anglaise, à Londres.

1995 - 2010 : Prend la succession de son grand-oncle en tant que Corbeau, sous la houlette de son père.




“Alex ! Alex ! Alexander Camil Boyle, tu as intérêt à revenir tout de suite à la maison !”

Une petite tête tourne ses yeux d'encre vers la voix surpuissante de sa mère, l'effroi visible dans ses prunelles. Elle détale de son buisson et, lancée à pleine vitesse, se dessinent bientôt les contours encore flous d'un garçonnet de quatre ans. La mère se tient sur le porche de l'immense demeure familiale, vieille grange reconvertie en maison de charme, vingt-sept pièces au total dont deux cuisines et une dizaine de salles de bain. Elle abandonne toute sévérité lorsque deux bras maigrichons s'enroulent autour de ses jambes, la petite tête brune cachée dans ses jupons.

“Pardon, maman, pardon. J'ai juste... Oublié l'heure.”

Elle finit par craquer et caresse les cheveux encore longs de son enfant. Elle aimerait qu'ils restent comme ça pour toujours, étreints, elle le cajolant d'une main douce, lui agrippé à sa mère, se détendant progressivement sous le câlin prodigué. Que ne donnerait-elle pas pour le protéger de tout, être sûre que rien ne lui arrive sinon les périples de la vie et les obstacles que Dieu mettra sur son chemin, qui l'aideront à se forger et à devenir un magnifique jeune homme, son fils chéri, son petit, son tout petit si frêle en cet instant, le plus beau trésor qu'elle possédera jamais. Mais elle ne peut pas. Elle ne peut pas faire durer ce moment jusqu'à la fin des Temps et elle le sait, elle le sent, elle ne sera bientôt plus sa mère mais sa professeure, celle qui lui apprendra à manier son premier fusil, à tuer sa première cible, à jouer la comédie, à mentir, à se cacher. À craindre pour sa vie et celle des siens. À être sur le qui-vive. Et elle s'en veut, alors elle le sert encore plus fort contre elle, jusqu'à sentir entre ses doigts descendus le long de son cou le poul affolé de son fils.

“Maman... Maman, tu m'étouffes.”

Elle relâche d'un coup le corps chéri, ressentant déjà le manque de chaleur la faisant involontairement frissonner. Son Alex la regarde avec un petit air d'embarras. Il n'a heureusement pas compris que si elle avait serré plus fort, elle aurait pu rompre ses cervicales. On a appris à Caroline qu'un enfant est si facile à tuer. D'une simple pression, et il n'est plus. Si tendre leur chair, y plonger un couteau est aussi aisé que de couper du beurre... Elle ferme les yeux, elle prend une grande bouffée d'oxygène, et elle se remémore les traits d'Alex. Lui croit qu'elle lui en veut terriblement et qu'elle s'apprête à le giffler, alors il reste coi. Il n'a jamais compris les réactions si différentes de ses parents. Son père, lui, aurait félicité le garçon de s'être si bien caché, après avoir fait le tour du jardin et soulever, s'il le fallait, chaque pierre, chaque feuille. C'est grâce à lui si Alex connaît les meilleures cachettes, la plupart montrées par son père, et d'autres trouvées par ses propres moyens. Sa mère, elle, ne réagissait la plupart du temps qu'en le privant de dessert s'il ne revenait pas immédiatement près d'elle, et l'avait giflé une fois mémorable, avant de fondre en larmes puis de le serrer dans ses bras, le portant alors qu'il pouvait marcher, jusqu'au salon, de l'asseoir et de préparer son plat préféré. Ah, les grandes personnes... Un monde opaque à ses yeux d'enfant. Son père lui avait bien expliqué que sa mère s'inquiétait à cause de 'méchants' qui lui feraient beaucoup de mal sans même le toucher, des gens dont il fallait se méfier, et qu'on pouvait reconnaître à des signes distinctifs comme de grandes canines, une démarche féline, des prières bizarres... Mais qui passaient le plus souvent inaperçues, d'où la difficulté de se protéger à temps et d'où l'angoisse de sa mère à chaque fois qu'il n'acourait pas vers elle lorsqu'elle l'appelait. “Tu es ce qu'il y a de plus important au monde pour nous Alex. Notre trésor. Et tu sais ce qu'on fait des trésors ? On les protège.” “On les cache, on les enterre, on les étouffe sous des mètres de terre et on ne parle d'eux à personne” ajouta-t-il amèrement pour lui-même.

Mais son fils aurait bien assez tôt conscience de la nature exacte de ses parents. Il approchait inexorablement de ses sept ans, l'âge de raison. L'âge où son père lui dira la terrible vérité, l'âge où il ne regardera plus un Doté avec cette étincelle d'émerveillement, l'envie d'être lui aussi magique au fond de ses yeux. La vérité lui fera mal, comme elle avait blessé son géniteur puis fortifier, comme son père et ses aïeuls avant lui. Il l'acceptera. Comme son père et ses aïeuls avant lui. Et il apprendra. Comme son père et ses aïeuls avant lui. Et il tuera. Et il traquera. Et il s'informera. Et il vivra dans l'ombre. Aura une carrière brillante, possédant déjà et le nom et la fortune d'un clan célèbre à la fois dans le monde des Hommes et dans celui des Monstres. Éditeur (son père espérait écrivain) et Chasseur. Mondain et Chasseur. Jet setter et Chasseur. Mais toujours Chasseur. Ce choix, il ne l'avait pas vraiment. La question se posera pour la forme, mais la réponse était déjà courue d'avance. Après tout, avec le don qu'il possédait pour échapper à la vigilance pourtant quasi constante de sa mère, ce serait du gâchis s'il ne devenait pas l'un des plus doués. Peut-être.

Pour l'instant, Alex se régale d'un beignet au chocolat, et son père profite encore un peu de cette période de paix, qu'il sait si fragile. Il a encore le droit d'embrasser son fils, essuyant du bout du doigt une tache de Nutella, piquant une bouchée de la pâtisserie à son enfant indigné. Il aimerait, tout comme son épouse, que ce moment dure plus longtemps.


                                   
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Il y a de l'effervescence dans la grande maison. Ce n'est plus la grange de son enfance, avec son odeur tenace de foin, mais ce qui ressemble à s'y méprendre à un immense manoir encore plus grand, trois étages d'un style ancien tout en pierres blanches rongées par le lierre, plusieurs dizaines de mètres entourant la demeure formant une barrière végétale de fleurs arrangées en parterres et d'arbustes coupés à la française, sans compter le potager au fond du jardin, idéalement situé en périphérie de New York. Adieu La Louisiane, bienvenue à la Grande Pomme.

Alex regrettait son déménagement, les étendues marécageuses à perte de vue une fois sorti de la ville, les parties de pêche avec son père. Il n'avait pas eu son mot à dire, et s'en était bien empêché. Il savait que rien ne servait d'argumenter avec ses parents une fois ceux-ci arrêtés sur une idée fixe, cette dernière ayant pour nom 'Crystal Palace', servant d'école un peu spéciale où il avait été inscrit dès ses cinq ans. Bâtisse de verre et de métal ultra moderne, elle se cachait en-dessous du célèbre MoMa, réplique exacte de sa soeur, mais en sous-sol, telle une image inversée se reflétant sur l'eau. C'est d'entre ses murs qu'Alex revenait après une leçon de géopolitique aménagée, contenant certains détails qu'aucun Lambdas n'apprenait (Abraham Lincoln en Théologien, Thomas Jefferson, célèbre Thusien ayant légué son impressionnante collection de livres, et d'autres petites anecdotes expliquant beaucoup de choses). Il avait encore le crâne rempli de ses dernières leçons, et du mal à garder les yeux ouverts à près de vingt heures passées. Mais il savait que la journée était loin d'être finie.

Aujourd'hui était le dernier vendredi du mois, et comme d'habitude, sa mère avait convié la 'famille' à venir dîner dans son imposante demeure. Alex connaît déjà le menu, le même depuis leur arrivée : salade Caesar en entrée, rôti de boeuf saignant et ses french fries accompagnés d'un trio de légumes maison en brochette, et un cheesecake au dessert. Puis on ouvrira la salle de bal et, au milieu de toute la brillante société, les cafés, tisanes et autres infusions plus alcoolisées seront servies. Presque si le jeune homme pouvait deviner à la minute près la suite des évènements. Mais surtout, il se savait en retard.

Il presse le pas à la sortie du bus, parcourant les derniers mètres le séparant du perron à toute vitesse. Prenant à peine le temps de frotter ses chaussures contre le tapis à l’entrée, il déboule comme une furie, monte les marches quatre à quatre, ouvrant en grand la porte de sa chambre avant de se déshabiller sans même s'apercevoir qu’une silhouette était assise sur le fauteuil de cuir trônant près de la fenêtre. Elle tousse, attirant un regard surpris puis gêné d’Alex.

“Hé bien, je sais que tu es ravi de me voir, mais si tu pouvais éviter de te mettre en tenue d’Adam, j’apprécierai.”

La jeune fille sourit à Alex, plus amusée que mortifiée par la scène. Lui est agacé par la remarque de son amie, surtout qu’elle l’a déjà vu sans aucun vêtement des dizaines de fois.

“Les invités bien élevés devraient savoir qu’on ne monte jamais à l’étage, et encore moins dans les chambres des autres sans y avoir été convié à l’avance.
- Avoue plutôt que tu ne sais toujours pas te servir d’une clé, soupire-t-elle, faussement lassée de répéter toujours la même leçon. On n’est pas en Louisiane où tu peux laisser ta porte ouverte, mais à New York, où ton voisin serait prêt à te dénoncer pour trafic de drogue si ça lui rapportait quelque chose, Alex. Tu devrais faire gaffe, même ici, dit-elle, englobant d’un geste de la main la totalité du manoir.
- Pourquoi, tu me trahirais pour vingt dollars? Tu es si pauvre que ça, Diana ?
- C’est ça, moque toi. Il ne faudra pas venir te plaindre s’il t’arrive quelque chose. Et j’aurais la satisfaction de te dire ‘je te l’avais dit.’
- Quelle moralisatrice tu fais… pire que les Pères de l’Eglise
.”

Elle tape son bras nu par vengeance, déclenchant son rire franc. Elle ne peut s’empêcher de sourire, malgré son inquiétude. Alexander était parfois si oublieux des règles élémentaires de survie à New York qu’elle se sentait investie d’une mission sacrée, l’emmerder jusqu’à ce qu’il assimile la dure réalité du quotidien, le vrai, celui hors des murs sanctuarisés du manoir. Elle lui tend une chemise blanche immaculée, assortie avec sa robe vaporeuse, si longue qu’elle doit en tenir un pan dans sa main de peur de se prendre les pieds dedans. Son long cou était orné d’une fine chaînette d’or rose, un médaillon portant le blason de sa famille en son centre. Alex s’empare du haut, se revêtant de son armure du soir, se transformant couche après couche en un mondain en route pour un énième dîner, un de ces hommes qui bientôt brillera en société, emportant dans son sillage les femmes et la gloire. Diana sourit toujours alors que, sans gêne, il enlève son pantalon, puis son boxer, avant d’en enfiler un propre ainsi qu’un bas plus approprié, au tissu satiné. Elle l’avait vu tant de fois nu qu’elle ne s’en formalisait plus. Une de plus ou de moins… Ses futures fonctions exigeaient d’elle qu’elle soit capable de supporter la vue d’un corps. Elle s’entraînait, en quelque sorte, avec Alexander. Plus tard, elle le soignerait, le guiderait, l’épaulerait, l’équiperait et l’enverrait au front, une oreillette vissée à son crâne et sa voix à elle comme une Ariane des temps modernes, tout en priant pour qu’il revienne en un seul morceau.

“C’est bon, je suis prêt.”

Elle se lève lentement, plus par soin de ne pas froisser sa robe , ou pire, de l’endommager que par soucis de plaire, s’offrir à la vue d’Alex, qui ne se prive pas de flatter du regard la belle s’avançant jusqu’à lui. Lissant d’un revers de la main un pli sur sa veste, elle accroche la rose qu’elle tenait à sa main sur sa boutonnière, d’un rouge tendre pareil à la sienne portée en bracelet, et, se reculant pour mieux jauger le résultat, est surprise lorsqu’il la retient et l’embrasse sur la joue.

“Tu es très en beauté, ce soir, Di.
- Vil flatteur…”


Elle repousse gentiment la carrure déjà presque formée, ces dix-huit ans triomphant laissant entrevoir l’homme en devenir. Son partenaire, son mari, son compagnon pour le restant de leurs jours. Tout cela avait été décidé à l’avance, et c’est d’abord forcés puis faisant contre mauvaise fortune bon coeur qu’ils allaient ensemble de par le monde, avant de devenir tellement proches qu’on les prenait souvent pour des jumeaux. Ça ne les dérangeait plus, Alexander se sentant rassuré par la présence maternelle de son amie, cette dernière trouvant dans le jeune homme quelqu’un à qui se confier, quelqu’un que ses parents ne l’empêchaient pas de fréquenter ‘au cas-où’. Au cas-où il se trouverait être un Doté ayant pété les plombs. En les rapprochant, les soudant, c’était autant une stratégie pour les forcer à se fréquenter que pour les protéger, le nombre faisant la force. Cette combinaison avait si bien marché qu’ils avaient été les premiers de leur génération à tuer une cible, âgés d’à peine douze ans. L’affaire avait fait grand bruit chez les Hayes. On n’avait pas vu plus jeunes Chasseurs depuis longtemps, le couple avait été reçu comme les nouveaux messies. On les avait acclamés, glorifiés, mais personne n’avait réellement su comment deux gamins prépubères avaient réussi à tuer un Doté adulte. Coup de chance, aimaient-ils à raconter, se parant de cette bravade propre aux Chasseurs qui enjolivent tant et si bien leurs histoires qu’elles finissent pas ressembler à des contes, des légendes déformées transformant le héros du récit en une divinité vengeresse. Personne n’avait remarqué la cicatrice ornant le bras de Diana, ni les traces de brûlure sur le dos d’Alexander, si ce n’étaient les Supports, dont Diana allait bientôt faire partie. Le Doté avait un don de pyromancie, il avait mieux le feu à son habitat et, poussé du second étage par Diana et Alexander au risque de leur vie, il avait fini carbonisé, grillé à point comme une dinde de Thanksgiving. Ça, c’était les faits. Les récits voulaient que Di et Alex aient réussi à tirer avec un pistolet à plus de 300 mètres de distance, chose impossible, blessant leur ennemi à la jambe et au bras, avant de le tuer d’une balle dans la tête et de brûler son corps et son minable appartement, pour plus de sûreté. Alex et Di rigolaient devant ces bêtises et s’inclinaient humblement devant les éloges de leurs aînés. Mais s’ils pouvaient ne plus se rappeler ce cauchemar, cet enfer de feu où ils avaient failli y rester, ils auraient accepté avec joie de donner n’importe quoi contre cette chance. Di et Alex passaient leur temps ensemble car ils avaient bien trop peur des flammes maintenant, surtout Di qui ne pouvait s’approcher d’un feu de cheminée sans pâlir comme la mort. Les blessures psychologiques d’Alex étaient moindres, même si se réveiller en étouffant un cri devenait une question d’habitude.

“ Prête, Di?”

Elle semble ne pas le voir lui tendre la main, le regard perdu, vide. Plongée dans le passé, Diana est statufiée, réduite à un pâle reflet de la pétillante et souriante, énergique et tempétueuse enfant qu’elle fut. Alex a un serrement au coeur en la voyant si lointaine, inaccessible, piégée dans le gouffre d’un souvenir dont il se sent coupable. S’il l’avait écouté, jamais ils ne se seraient mis dans ce pétrin. Mais il voulait faire ses preuves, et voilà où ils en étaient, à avoir peur de leur propre ombre.

“ Oui… oui, pardon, je suis prête.”

Sa main est si petite dans la sienne, si fragile qu’il la serre fort de peur qu’elle ne disparaisse. Il l’embrasse sur le front, baiser protecteur, geste apaisant qu’elle a pour lui lorsqu’il se réveille en sueur, et ils descendent main dans la main le majestueux escalier du manoir, sous les regards admiratifs, parfois envieux, de leurs collègues.

                           
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“Alex, assieds-toi, il faut que je te parle.”

Surpris, l'interpellé se retourne, faisant face à son père, étonnamment voûté, lui qui pourtant prônait pour une bonne position du dos et une allure irréprochable. Le fils voit dans les premiers cheveux blancs de son père les signes de la vieillesse, et ça l’émeut. Tout comme le fait d’être plus grand que lui, désormais. À peine quelques centimètres, mais c’est suffisant pour qu’il se sente mal à l’aise face au patriarche. Le poids des jours filant à toute vitesse pèse sur eux deux, apportant dans son sillage les prémices d’une destinée flamboyante pour l’un, les portes de la mort pour l’autre. Alex est un enfant né sur le tard, fruit d’une décision mûrement réfléchie. Alan se rappelle la torture qu’avait été les quinze ans d’attente, cette envie grandissante en Caroline d’avoir un enfant, Hayes s’y opposant, ne jugeant pas la situation suffisamment sereine, avec l’égorgeur de Boston courant les rues, le Loup rouge à San Francisco, l’Empailleur à Bâton Rouge… Tous les deux se devaient de fournir le maximum d’effort, surtout sur un territoire aussi vaste et sauvage que celui des Etats-Unis. Pas de temps pour un bébé, pas de temps pour l’amour, juste celui de s’inquiéter en permanence et de rester sur ses gardes.

Ça avait bien fini par payer, Alan nommé Corbeau peu de temps après la naissance de leur fils, ce titre porté également par son oncle basé en Angleterre. Malgré toutes les difficultés auxquelles il avait fait face, malgré son rôle qu’il prenait très à coeur, il n’avait jamais eu autant envie de fuir qu’aujourd’hui, alors qu’il devait annoncer la nouvelle la plus difficile qu’il soit à son fils. “ Oh Dieu miséricordieux, aide-moi.”

“Alexander… La nuit, dernière, Diana a été enlevée. On pense que c’est un Doté qui a fait le coup. Rien n’est sûr. On est tous sur la brèche, mais il ne faut pas se faire d’illusion, tu le sais. Alex… il est probable… il est probable qu’on ne la revoie pas vivante.”

Alex le regarde avec des yeux écarquillés. Il ne peut pas croire ce que son père vient de lui dire. Diana lui avait téléphoné la veille, pour l’avertir qu’elle ne viendrait pas dîner chez lui parce qu’elle sortait avec ses copines. Ses copines…

“Est-ce qu’on a interrogé ses amies? Je sais qu’elle devait prendre un verre avec elles.”


Alan jette un coup d’oeil appréciateur sur son fils. Même sous le choc, il gardait son sang froid et posait les bonnes questions, rassemblant les éléments nécessaires pour résoudre l’enquête.

“Oui. Elles affirment toutes que Diana est partie vers 23 heures en taxi, apparemment pour rentrer chez elle. Elle a appelé ses parents avec son téléphone portable à 23 heures 40 et puis, plus rien. On a ratissé la zone toute la journée, sans rien trouver.”

Les sourcils froncés, Alexander réfléchit à toute allure. Où pouvait-elle être? Avec qui? Ayant reçu un entraînement de Chasseur, elle ne pouvait pas être tombée dans un piège grossier. Diana était douée, plus qu’Alexander. Ça ne lui ressemblait pas de faire une erreur, ne serait-ce que minime. Soit elle avait été droguée, soit elle ne se méfiait pas de son kidnappeur.

“Je sais ce que tu penses, qu’un membre de son entourage a fait le coup. C’est ce que je crois aussi.”


Alan est le reflet de son fils, tout aussi tendu, tout aussi sombre et tout aussi anxieux. Ils se regardent, se comprenant mutuellement. “Si c’est un des nôtres…” “Oui, je sais, mais on n’a pas le choix…” “Pitié, pas l’un des nôtres…” “ On devra le tuer de nos propres mains.” “Pas l’un des nôtres.”

                             
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La forêt est dense. On n’y voit pas plus loin que le bout de son nez. La pluie d’avant veille avait transformé le sol en boue, rendant difficile la progression de la petite troupe. Ils avancent mètres par mètre, leurs yeux fixés par terre, courbés tels des vieillards. Vu de loin, c’est une colonne de chair humaine vêtue uniformément de noir, la faisant ressembler à un gros mille-pattes. Un talkie-walkie dans une main, lampe torche dans l’autre, ils fouillent les herbes hautes, s’arrêtant pour inspecter toute zone d’ombre leur paraissant suspecte. Ça va bientôt faire trois heures qu’ils ratissent le périmètre définit le matin-même, ayant pris le relai de l’équipe du soir. Deux jours à quadriller cette maudite forêt pour aucun résultat. Certains commençaient à fatiguer sans pour autant perdre espoir. La patience était une des vertus des Chasseurs.

Alexander se trouve parmi eux, silhouette encapuchonnée surgissant de la brume matinale tel un cadavre décrépis. Ses iris noir ne quittent pas les feuilles mortes, brûlant qu’il est de trouver une trace de son amie disparue depuis un mois. Ça lui paraît si long, un mois, et pourtant, l’annonce de son père lui semble dater d’hier. Il lui suffit de fermer les yeux pour que la scène se rejoue derrière le rideau de ses paupières. Le décor, le salon. Les personnages, son père et lui. Le genre, une tragédie. Le titre, La Disparue. Ça l’énervait que cette Traque dure si longtemps. Ce qui l’agaçait le plus était de ne toujours pas savoir le nom de la cible, le kidnappeur n’ayant pas laissé d’indice. Ni téléphoner pour une quelconque rançon. Au manoir, on chuchote que Diana est morte, enterrée quelque part. Si corps il y avait. A moins que le tueur ne soit comme ce pyromane si longtemps combattu et battu par ‘les enfants’, ne laissant derrière lui que des cendres vite dispersées par le vent. Alexander s’arrête, ferme les yeux et se pince l’arrête du nez. “Ne pas y penser. Ne pas y penser. Ne pas y penser.” Il répète ce mantra, essayant d’effacer de sa tête les images de corps calcinés, découpés, de membres arrachés, déchirés, d’os cassés. Du sang, partout, que la terre, sinistre gloutonne, absorbe à grands traits. Deux orbes d’un bleu saphir le fixent, sans vie. Diana. Sa Diana. Celle qui aurait dû devenir sa femme la semaine après sa disparition. Ses copains s'étaient gentiment moqués de lui, au début, lorsqu’ils croyaient que sa fiancée s’était échapper avec un autre homme. Ou une autre femme. Puis ils avaient cessé leurs moqueries devant l’air de plus en plus inquiet d’Alex. Ses sourcils froncés en permanence. Son air sombre. Ses humeurs massacrantes. Son pessimisme si rare chez lui. Les gestes secs, rapides, brutaux. Les deux trous abyssaux lui servant désormais d’yeux, pareils à des trous noirs où plus aucun sentiment ne s’y lisait. Un robot. Il était en train de devenir un robot.

“Hey, fiston. Ca va ?”

Alex sursaute lorsqu’une main entre en contact avec son épaule, la paume chaude sur sa peau gelée l’électrifiant. Il rouvre les paupières, tombant nez à nez avec son parrain, son visage aussi craquelé que du parchemin où chaque ride criait ses exploits de vieux Chasseur.

“Oui, oui, ça va. Juste… un peu fatigué.”


La main s’appuie plus fortement sur son épaule, avant de la tapoter deux fois.

“Tu sais que tu fais peur à voir, fiston? Tu devrais te prendre une bonne nuit de sommeil, ouais. Une bonne nuit supplémentaire. Maintenant, tu sais, un jour de plus ou un jour de moins, ça ne tuera personne.

- …
- Désolé fiston, mais il faut bien que quelqu’un te le dise en face. Toi-même tu le sais. C’est pas possible qu’on n’ait rien trouvé après un mois et la mobilisation de nos gars un peu partout aux States. C’est pas possible. Ou bien elle s’est envolée sur le Vieux Continent. Hé. Mais tu la connais mieux que nous autres. Moi je dis qu’elle aurait au moins laissé un message si elle était partie en voyage. C’est comme ma femme, pas capable de partir sans un petit mot. ‘Je suis chez Patricia, ne m’attends pas pour dîner’ et blablabla. Et je t’ai raconté la fois où…”


Alexander l’écoute d’une oreille distraite alors qu’ils reprennent leur recherche, la voix de son parrain n’étant plus qu’un chuchoti au milieu des rafales de vent. Il a remarqué que de plus en plus de gens l’entourent de leur sollicitude, ne le laissant presque jamais seul, sauf pour dormir, les heures de repos aussi rares que ses sourires ces derniers temps. Il est reconnaissant aux membres de Hayes de prendre soin de lui à leur manière sauf que toute cette gentillesse l’énerve. Tant d’énergie gaspillée qu’il vaudrait mieux investir ailleurs, de préférence dans les recherches. C’est injuste ce qu’Alexander brûle de leur dire, passer tout leur temps à retrouver une trace d’une jeune fille probablement morte, ne pas manger ni dormir jusqu’à ce qu’on retire au moins son cadavre du trou dans lequel il se trouve, il voudrait hurler sa frustration, courir le fichu kilomètre carré qu’il reste à faire aujourd’hui, bousculer tout le monde sans demander pardon, mais il a appris à être patient. À taire ce sang bouillant dans ses veines. Son envie de tout foutre en l’air. Taper du poing sur la table. Se fustiger encore et encore pour n’avoir pas su la protéger.

Et puis….

“Allô Moineau, ici Mouette. On rentre à la maison, terminé.”

Le talkie-walkie crache la phrase qui donne envie de casser quelque chose à Alexander. Rien. Pas le moindre grain de poussière. Le périmètre était ratissé et toujours rien.

“On reviendra demain, fiston. Et après-demain. Et tout les jours que le bon dieu fera jusqu’à ce qu’on la retrouve.”


Son filleul le remercie d’un hochement de tête avant de continuer un mètre de plus. Puis un autre. Et encore un autre. Philip soupire et le suit sans un bruit, se fondant dans la forêt. Il allait encore rater le déjeuner, récoltant les foudres de sa femme. Mais entre elle et Caroline, c’était de loin de la dernière dont il avait le plus peur. Puis il avait promis à sa soeur de veiller sur Alex. De là où il se trouvait, il ne pouvait voir que le dos du jeune homme, déjà courbé pour ses vingt-deux ans. Il pousse un autre soupir. Quel gâchis… Les voies du Seigneur étaient impénétrables, encore plus lorsqu’on faisait partie des Informés. Mais quand même, tuer une jeune femme aussi belle que Diana, sur le point de se marier avec l’un des plus gentils garçons qu’il connaisse, et de plus un mariage d’amour, rare dans leur clan… C’était cruel. “Diana, je t’en supplie, où que tu sois, envoie-nous un signe de toi” chuchote-t-il si bas que sa prière se confond avec les mugissements du vent de plus en plus fort. On distinguait au loin de gros nuages noirs en approche, et Phillip n’avait aucune envie de se faire tremper.

“Alexander, il faut qu’on rentre, maintenant. Allez viens. Rosie t’a invité pour le repas et elle va m’attraper si on arrive en retard. Je suis trop vieux pour coucher sur le canapé, alors aie pitié de moi et dépêchons-nous.”

Il passe un bras protecteur sur le dos du jeune homme et se hâte de quitter les lieux, plus sinistre au fur et à mesure que la luminosité baissait. “Un coin parfait pour commettre un meurtre sans être dérangé” note froidement Phillip avant d’ouvrir sa voiture et de s’y engouffrer. “On reviendra demain” lance-t-il à Alex. “N’est-ce pas que…” Il se tait devant l’image rare de son corps assoupi, les traits détendus, sereins. Tout doucement il démarre l’engin, tout doucement il roule, claque la porte et prévient sa femme de ne surtout pas déranger leur filleul épuisé à l’intérieur de l’habitacle. Ils mangent en parlant à voix basse et lorsque sonne dix-huit heures, Phillip va quand même réveiller le petit. Mais en approchant de la voiture, il ne peut que constater qu’elle est vide.

“Oh le petit salaud. Il y est retourné. Rosie ! Appelle Caro! Dis lui que son fils est un petit con ! Et ne m’attend pas pour dîner !”

Il fait rugir sa Jeep, prenant sommairement le temps de boucler sa ceinture avant de partir sur les chapeaux de roue vers la forêt.

                         
   .::..::..::..::.

Londres. Ils l’avaient envoyé à Londres. Il n’arrive toujours pas à y croire alors que le ciel lourd de nuages gris luit au-dessus de sa tête. Partout ce n’est qu’un tourbillon de bruit et de lumière étrangers, des mots qu’il comprend sans y reconnaître les accents de sa vie d’avant. Car il y a bien un avant et un après, dont la date serait l’enlèvement de Diana. Il se refuse encore à dire ‘sa mort’ alors que plus de quatre ans se sont écoulés depuis. Il serre plus fort son cou d’où pend, discrètement caché dans les replis de son haut, le médaillon de Di. C’est la seule chose qu’il avait voulu emporter. Il avait laissé sur place, à New York, toutes ses armes, ses vêtements, ses cahiers et ses derniers amis. Il ne voulait rien de tout cela dans son périple vers le vieux continent. Une bouffée d’air frais. C’est ce qu’avait préconisé son père, sa mère faisant écho aux paroles de son mari. “Tu n’es plus toi-même. Tant que tu resteras ici, ça ne changera pas. Il faut que tu continues de vivre, Alexander. Vivre. Et non pas survivre. Elle ne voudrait pas te voir comme cela, tu le sais. Peu importe où elle est, elle serait triste de te voir comme cela, mon chéri. Et ça me fend le coeur de ne pas pouvoir t’aider autrement qu’en te demandant de partir.”

Alex n’avait pas versé une larme. Il avait acquiescé à sa mutation, avait fait ses valises et ne s’était pas retourné lors de son embarcation. Il se sentait froid. Comme taillé dans un bloc de glace. Il marchait, respirait, tuait, travaillait telle une machine parfaitement bien huilée. Des réflexes humains qu’il avait gardés, un jeu de mime qu’on lui avait appris dans sa tendre enfance. Etre le reflet de l’autre. Se conformer à la vision que l’autre a de nous. Un caméléon. Se fondre dans le décor. Alexander était passé maître dans ce domaine.

Il arrive au domicile de sa cible, son manteau noir aux ailes étendues comme prêt à prendre son envol. Il passe par la porte de la cuisine, jamais fermée chez les Anglais, monte à la chambre et, visant le silencieux au canon de son arme, ouvre la porte de la chambre. Le mari est absent, chauffeur de taxi de son état. La femme est déjà endormie, un flacon de somnifère sur sa table de chevet. Les informations récoltées permettent au Chasseur d’exécuter sans heurt sa mission. Il repart, ne laissant derrière lui qu’une fleur rouge s’épanouissant sur l’oreiller, pareil à celle que Diana épingla sur sa boutonnière il y a des années de cela.  

Inventaire

(Si tu veux souligner certains biens importants qu'il possède : Totem, armes, jeu de tarot...)
Un médaillon de petite taille sur lequel sont gravées deux ailes entrecroisées, le symbole des Supports aux USA (soin, armement et aides sur le terrain des Chasseurs, les voix derrière les oreillettes, plus pratique que Google Maps)


Profil psychologique

On dit de toi que tu es une véritable horloge suisse. Arriver en retard est tout simplement hors de question, manque flagrant de politesse que tu détestes produire et t'arranges on ne sait trop comment pour être d'au moins cinq bonnes minutes en avance. Il peut pleuvoir, y avoir une grève, un accident de la route, ou autre, tu respectes scrupuleusement l'heure du rendez-vous. De même, ton hygiène de vie est irréprochable. Trois repas par jour, pas de grignotage, levé à 6 heures, couché à 20, agrémenté d'au moins deux séances de jogging par semaine. Un esprit sain dans un corps sain. C'était la maxime de ta tante, et tu tiens à la respecter même si cette dernière est morte.  

On dit de toi que tu es le gendre parfait. Pas d'excès connu, pas particulièrement fêtard ni dépensier, compréhensif et ouvert d'esprit, avec ce qu'il fallait de bonnes manières et de maintient pour amadouer les parents les plus coriaces. Comment résister à ce charmant garçon poussant les portes pour ses dames, les aidant à s'asseoir et leur servant de l'eau avant même qu'elles n'aies à lever le petit doigt? Tout simplement impossible, et nombres de mères tueraient pour que leurs filles sortent avec toi. D'autant que tes seules passions connues sont les romans anglais du 19ème siècle et la confection de plats français. Tu es tout simplement à tomber par terre.

N'est-ce pas ?

Si seulement elles savaient, toutes ces femmes, quelle était ta véritable nature. Froid, calculateur, cassant et cynique, dans les bons jours. Injurieux, vengeur et suicidaire dans les mauvais. Depuis que Di est morte, tout te semble fade, morne. De battre ton coeur a cessé. Plus de pulsation. Des créatures que tu chasses ou de toi, laquelle est inhumaine ? La question est vaste et plus abyssale encore la réponse. Le monde ne tourne pas rond, non, du moins c'est ce dont tu es persuadé. Eliminer la cause de ce désordre est ta dernière mission, celle que tu te dois d'accomplir avant ta fin, dusse-t-elle arriver plus tôt que tard. Tu as rejeté en bloc la faute de la mort de Di sur les Dotés. Sans eux, tu aurais continuer ton existence calme et paisible en ne te mêlant que de loin aux Hayes. Tuer n'est pas programmé dans ton code génétique, peu importe ce que certains parents te racontent. Tu détestes le poids d'une arme à feu dans le creux de ta main, tu détestes l'odeur de poudre collée à tes manches, tu détestes les corps blafards laissés sans vie à même le sol, surpris dans des postures franchement grotesque. Mais tu es doué. Tu ne rates jamais ta cible. Tu as ça dans le sang. Et tu as l'impression de venger Di.
Plus jamais, tu as juré sur sa tombe, plus jamais de jeunes filles ne seront tuées par ces saloperies. Plus jamais de parents n'auront à enterrer leurs enfants à cause de ces monstres.

Tu traques, tu t'informes, tu ne lâches rien et tu te monstrifies toi-même, sans rien en laisser paraître. Maître dans la mimique et la dissimulation. Parce que, depuis ton enfance, tu as été programmé pour naître machine. Deux sangs illustres de Chasseurs coulent dans tes veines, et tu t'enfonces de plus en plus dans le sombre liquide, te noyant complètement sans émettre aucun bruit. Que reste-t-il d'autre d'humain que ce masque porté en permanence ? Tu as oublié. Tu as mis en sommeil tout ce qui ne concernait pas la Traque et ton quotidien de façade, jusqu'à en effrayer ta propre mère qui t'a envoyé loin d'elle, loin des tiens, en espérant que du vieux Continent reviendra un nouveau Alexander, celui des jours heureux.

Profil physique

C'est le bruit de ton pas qui résonne sur les dalles de marbre, puis l'ombre de ta haute silhouette, toute en angle et pique, dessinant un motif compliqué sur le sol blanc, que l'on aperçoit en premier. Puis vient le frottement de ton long manteau invariablement noir, le murmure de tes gants en cuir enserrant un énième recueil ou parcourant d'un geste vif et précis les dossiers en cours de l'entreprise, l'oeil aux aguets guettant la moindre erreur. Il n'est pas rare de les voir cerclés de violet, tes lunettes à grosses montures ne cachant qu'à moitié les cernes te mangeant le visage. Ajoutez à cela une barbe de trois jours, pourtant toujours coupée au millimètre près, et voilà le portrait d'un jeune salarymen, chemise blanche immaculée et pantalon à pinces à toutes les saisons. Un portrait lisse, un jeune homme fatigué mais soucieux de son entourage, toujours un petit sourire au coin de ses lèvres pleines que beaucoup rêveraient d'embrasser. De sombres iris souvent à demi closes, dissimulant une étincelle d'on ne sait trop quoi, quelque chose de flou restant le plus souvent au repos, tel un chien fidèle ne mordant que les importuns. C'est ce que tu souhaites, au fond, qu'on te laisse tranquille.

Mais il faut croire que tes efforts ne paient pas; tu as toujours eu le chic pour attirer les gens vers toi. Tu ne sais pas à quoi t'en prendre, à ton air de garçon paumé que les femmes ont envie de prendre sous leurs ailes, à ta musculature présente sur des membres bien proportionnés, attirant le regard d'hommes en manque, ou bien à cet aura de mystère que tu cultives aussi passionnément que tu es attaché aux règles élémentaires de politesse, ce magnétisme quasi palpable que tu exerces sur autrui. Cette voix, il faut le souligner, sachant imiter quand il est nécessaire toutes la palette des émotions. Oui, cette voix si grave, si chaude qu'on aimerait se blottir contre et y déverser tous nos secrets. Cette main étrangement calleuse que tu sais poser au bon moment sur les épaules des plus démunis, les rassurant d'un léger tapotement. "Je suis là", semble-t-elle dire. " Je suis là et je ne bougerais pas. Tu peux tout me dire. Absolument tout. "

Cependant, personne ne fait attention à ton regard, personne ne prend le temps de bien regarder en face le gouffre abyssal de tes prunelles, deux trous noirs toujours en activité qui, une fois entièrement ouverts, ne révèlent qu'une froideur insoupçonnée de prime abord. C'est le néant que l'on frôle, un corps où plus aucune âme n'habite, machine en mouvement obéissant à des lois purement physique. Ne reste que des lambeaux de l'homme qu'on admire de loin, de l'ami, de l'amant, du frère, laissant place à une détermination de fer poursuivant quelques sombres buts connus de toi seul.

informations supplémentaires

(Ce que l'on devrait savoir en plus : ses compétences, sa famille, des PNJ signifiants, des mimiques de vie que tu n'as pas citées plus haut, ou autre chose encore...)
Diana Chase - Son amie d'enfance, sa petite-copine, puis sa fiancée. Portée disparue depuis 2011, Hayes continue d'enquêter sur son dossier, même s'ils font pour l'instant chou blanc. On ne sait si elle est encore vivante ou bien enterrée quelque part, à moins qu'un Doté n'ait fait évaporer les restes de la jeune femme.

Alan et Caroline Boyle - Ses parents. Le premier est le gérant de la maison d'édition Boyle and Co. qui s'occupe principalement d'imprimer des ouvrages scolaire pour le compte du Crystal Palace, ainsi que quelques romans de Lambdas. La seconde est l'héritière d'une riche famille de propriétaires terriens, ainsi qu'une excellente cuisinière. C'est elle qui a transmis à son fils la passion de la bonne chair et l'importance des grandes tablées. On vient autant au manoir Boyle pour se reposer que pour y manger, les lieux servant d'abris à chaque membre de Hayes en faisant la demande.

Camil Boyle - son parrain ainsi que son oncle du côté d sa mère, de qui il tient son deuxième prénom.

Lawrence Boyle - son grand-oncle du côté de son père. Il occupe désormais la maison du vieillard s'étant retiré de toute vie publique, reclus dans sa maison secondaire en Ecosse. Alexander a également hérité de son titre de Corbeau, faisant de lui l'un des plus jeunes parmi la branche anglaise.




Derrière l'écran



Ton petit âge ? 22 ans
Ton impression générale du fofo ? esthétiquement beau, contextuellement plaisant
Tu l'as connu comment ? par les top-sites
Tu aurais des suggestions ? je crois que le code de la fiche de prez déforme un peu le forum, non? La partie réservée à la présentation du joueur empiète sur le bord
Le mot de la fin :
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Mer 19 Sep - 17:41

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Mer 19 Sep - 21:31

Je manque décidément à tous mes devoirs.

Bienvenu ! Quelqu'un de chez Hayes, quel plaisir cela va être. x)

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 20 Sep - 9:33

Bonjour et merci ! Ah, que voulez-vous, faire croâ croâ, c'est saiksy
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 20 Sep - 20:15

Hi et bienvenu parmi nous, je suis en retaaaard ^^

Très bon début de fiche, personnage prometteur, continuuues ! Very Happy

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 20 Sep - 21:09

depuis le temps que j'attendais un membre de Hayes !!!



bienvenue !! bon courage avec ta fiche

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 20 Sep - 21:11

Bonsoir et merci ^^

tellement de pression... J'espère ne pas décevoir, en plus l'histoire prend des tournures clichés sur mon ordi.. Arf ^^
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 20 Sep - 21:29

T'inquiète donc pas pour le cliché. Ce qui compte c'est que ça te plaise. ^^

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 20 Sep - 21:40

tu pourras faire autant de clichés que tu veux, en contre-jour, avec flash, sans chemise, ça me dérange pas


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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 20 Sep - 21:41



thx
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 27 Sep - 9:46

Je viens de me rendre compte j'ai pas lu la totalité de ta fiche, je m'y recolle. x)

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 27 Sep - 11:11

Haha, c'est pas très grave ^^ en plus je viens d'enfin mettre l'histoire au complet.

J'annonce que ma fiche est finie. Je reste à votre disposition pour d'éventuelles questions/changements.
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 27 Sep - 11:25

Alors puisque tu es là, j'ai beaucoup aimé ! (Et puis je trouve que le cliché ne nuit pas à ton personnage, donc tout va bien. ^^)

Je te conseille de mettre dans ton titre que tu as fini, ce sera plus simple pour nos adorables admins de vérifier ta fiche.

En espérant te voir bientôt par écrit. \o/

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 27 Sep - 16:00

Ok, merci. Voilà chose faite ^^ en espérant te croiser également dans un futur rp peut-être
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 27 Sep - 16:04

Y a de grande chance je dirais (avec une hyperactive comme Daithe Rolling Eyes) !
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Sam 29 Sep - 20:58

Ouais trop cool, un commun <3
Welcome !
J'aime beaucoup le slogan de ton avatar Smile

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 11 Oct - 15:29

Bonjour à tous,
mes cours me prenant plus de temps que prévu, je demande un délai pour finir ma fiche. Je m'excuse d'avance du temps que je prends ^^"

Bonne fin de soirée à tous ^^
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Jeu 11 Oct - 18:15

pas de problème, merci d'avoir prévenu ! Very Happy

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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Sam 20 Oct - 12:06

Bonjour. Juste pour signaler que je suis loin d'etre mort, juste de fatigue, et que la fiche devrait etre finie dans le courant de la semaine prochaine. Encore mille excuses pour le retard ^^!
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MessageSujet: Re: Alexander C. Boyle - Mr Robot    Sam 20 Oct - 12:42

Allez, courage c'est la dernière ligne droite. Wink

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