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Temporalité : Nous sommes en 2018, entre le 21 juin et le 21 novembre.
Londres, la capitale des opposés : traditionnelle mais moderne, innovatrice mais conformiste... A travers la fumée, les gens feraient mieux d'observer. Ils devraient remarquer que là, une femme vient d'allumer sa cigarette sans utiliser de briquet ; qu'ici, un petit enfant s'amuse à demander aux passants "s'ils sont bien éveillés". Ouvrir les yeux. Sur une ville dont l’atmosphère de mystères n'est peut-être pas aussi fantaisiste qu'on le croit...LIRE LE CONTEXTE
Chapitre 2 : L’explosion provoqué par un fidèle de Weknow a ébranlé le monde informé. La Triade décide de mettre en place un couvre-feu et de durcir les règles. Se rendre à l'Intrigue

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 Clare Hare

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MessageSujet: Clare Hare   Lun 26 Fév - 14:33

Chapter One :

-. bille
-. or

Chapter Two :

-. magazine

Chapter Three :

-.puppet
-.damocles

Actual Chapter :

1 Juin 2018

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Sam 3 Mar - 22:30




La surveillance était trop présente dans cette ville. Dehors, Humphrey Hare ne savait jamais où parler en toute tranquillité sans craindre qu'un voisin interprète mal ses mots. Il se souvient de la semaine dernière : cet écossais à la face burinée qui lui avait jeté un regard désobligeant en le voyant mouiller ses tempes puis clore ses yeux.
Il avait pourtant rejoint l'un des cafés informés les plus côtés de Chelsea mais c'était à croire que dans les quartiers huppés les gens vous regardaient plus en détails. Son accoutrement modeste avait, semble-t-il, souligné sa nature avant même qu'il ne se décide à faire le vide dans sa tête.
Les meilleurs moments, c'était quand il restait dans son petit appartement de Hampstead. Sa décoration était simple et sommaire, ce que sa mère ne cessait de déplorer ; elle disait que le vide n'était pas harmonieux. Sa famille possédait un niveau de vie élevé et elle n'avait jamais compris pourquoi il s'encombrait de simplicité. Les moyens sont souvent nécessaires à la conservation de l'équilibre que lui disait cet avocat tenant rôle de géniteur. Mais aucun soupé dînatoire, soirées mondaines et parlotes auprès de rares théologiens éminents n'égalaient les moments où Humphrey prenait l'habitude de se sentir insouciant, un journal à la main, au centre de quelques rayons mal teintés à cause d'une vitre pleine de buée. Rester, elle et lui, pour un temps en ce lieu jugé froid, à tord, marqué par le clapotis d'un robinet sans qu'aucun pseudo membre de l'ordre ne leur somme de parler moins fort. Un recoin où la lecture était devenue l'échappatoire d'une soirée et où les mots qu'il prononçait d'une voix posée rebondissaient comme des billes d'idées libres.

— On partira alors, Marisa

— Où ?

— Je ne sais pas. Un endroit proche de la mer. Je crois que je préfère la compagnie de l'eau à celle des hommes.


Elle était restée un long moment dans la baignoire à le regarder. Elle faisait souvent ça.

D'accord. qu'elle avait finalement répondu avant de s'enfoncer dans le bain mousseux jusqu'à ce que seul son visage reste à la limite de la surface. Les femmes étaient réputées pour être bavardes. Ce n'était pas le cas de Marisa.

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Sam 3 Mar - 22:35




D'un blond très clair. Personne n'était blond comme ça dans la famille. Et des yeux aussi bleus que ceux que de sa mère. Et un sourire à vous fendre le coeur aussi tant, sur un visage aussi innocent, il reflétait ce que les gens cherchaient à rattraper une fois grandis, en vain. Alors ils n'avaient d'autre choix que de le concevoir à travers celui d'un autre.
Petite Loana. Clare tournait en rond devant la porte entrouverte de la chambre, à peine âgée de trois ans. Une chevelure et des prunelles fidèles à celles de son père : complètement en bataille et, comme pour en rajouter une couche, elle y passait très souvent sa main dans cette tignasse de boucles raides.

— Clare, elle dort... tout va bien.

Mais Clare ne répondait pas. Soucieuse, elle continuait de faire des allers-retours en jetant des coups d'oeil frénétiques vers l'embrasure. Son père était généralement obligé de la porter dans ses bras pour qu'elle cesse son manège.

— Il ne faut pas t'inquiéter tu sais. Si elle a besoin de quelque chose, elle va pleurer.

Pleurer, chose que Clare n'avait pas fréquemment fait dépassé les un an. Même avant d'ailleurs, elle était de ces bébés silencieux sans être calmes. Juste très focalisée sur son monde, assise au sol à se pencher sur un grain de sable comme s'il pouvait s'agir d'un bout d'or. Mais qu'est-ce qu'un rejeton connaissait à l'or ? Peut être... peut être que cet éclat de richesse, elle l'avait finalement trouvé. Dans le regard de sa petite soeur.

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Mar 13 Mar - 6:35



"ressentir est la plus puissante des drogues. Mais comme toute drogue, on devient dépendant et puis on souffre."



— Tu es revenue... tu reviens toujours.

Valen lui décocha un sourire satisfait avant de l'aider à se tenir debout. Sa main habile attrapa le poignet de la théologienne pour faire passer son bras autour de son cou.

— Tiens-toi.
— Je suis désolée...
souffla Clare qui n'avait même plus la force de marcher. Alors il se décida à la porter.

— Tu te tiens ?
— Oui...


Il la souleva comme si elle n'était qu'une vulgaire plume, puis ferma la porte et se dirigea vers la fenêtre, lui caressant doucement les cheveux tout en fredonnant des mots. Clare dodelina de la tête, dégoutée.

— Je ne veux pas entendre...

Mais il éleva la voix, insensible à celle qui commençait à pleurer en silence.

Je porte respect à celui qui garde la ligne constante dans ma vie. Et je remercie ceux qui me permettent aujourd'hui...
— Cette magie...Je... je n'en veux plus... hoqueta-t-elle. Il s'assit sur la chaise près de la grande fenêtre à la lumière factice, la gardant sur ses genoux
— Ne la repousse pas, elle fait partie de toi... et tout en disant ça, il continuait à réciter mentalement.

Et je remercie ceux qui me permettent aujourd'hui
de profiter du don qu'il m'a offert

Et je remercie ceux qui me permettent aujourd'hui
de profiter du don qu'il m'a offert

Et je remercie ceux qui me permettent aujourd'hui
de profiter du don qu'il m'a offert


Jusqu'à l'ecoeurement, jusqu'à ce que Clare se sente nauséeuse et tente de quitter ses bras et cette chambre où elle venait pourtant juste de se rendre. Alors il attrapa son visage pour qu'elle le regarde, les sourcils froncés. Clare sentit immédiatement une étrange joie la gagner, qu'elle ne connaissait que trop bien...

— N'utilise pas ça sur moi !
— Tu en as besoin.


Déjà le pouvoir du théologien faisait effet. A contrecoeur, Clare laissa son front reposer contre l'épaule du Russe qui soupira de bien être.
Il profita de son état pour passer sa main sous son t-shirt.

— Non...
— Je ne suis pas une marionnette, Clare.
— S'il te plaît, pas aujourd'hui...


Il ne l'écoutait pas. La main de l'homme alla jusqu'à sa nuque, forçant le vêtement de Clare à remonter. Cette dernière tenta de reculer pour de bon mais l'homme lui tint la nuque pour l'empêcher de partir. Ses yeux croisèrent ceux de Clare qui s'emballa.

— Arrête... arrête ! La chaleur qu'il s'était appliquée à user pour la rendre un peu plus heureuse devint brûlante. Il la tenait maintenant à l'en faire mal.
— J'ai dit ARRÊTE ! hurla-t-elle. L'homme l'embrassa pour la faire taire. La puissance de son pouvoir la désarçonna ; elle sentit ses lèvres picoter et son coeur battre plus vite. Il maniait ses émotions à sa guise, il avait toujours eu ce talent pour l’influencer... Hésitante, elle entrouvrit assez la bouche pour goûter à son souffle. Il gronda un peu au moment d'appuyer sur sa nuque, détruisant ses derniers efforts pour le combattre.

Laisse-toi aller... qu'il lui dit mentalement. Une agréable musique. Lorsque la main libre de Valen se déposa sur ses reins pour lui imposer un doux mouvement de bassin, elle céda enfin.

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Ven 1 Juin - 13:10




Les mauvais pressentiments, Clare les détestait. Cette impression qu'un incident s'apprêtait à arriver, cela s'apparentait à une épée de Damoclès prête à fendre son esprit en deux... Les mauvais pressentiments avaient toujours été les prémices de ses pires souvenirs.

Ce matin là, elle se trouvait dans le lit de Valen. Les sourcils froncés, ses cheveux déposés sur l'oreiller à la manière d'un voile déchiré, elle fixait le baldaquin en se demandant pourquoi ?
pourquoi ce mauvais pressentiment ne partait pas ?

Après une journée fastidieuse à Ligma, elle avait été sommée de se rendre dans les locaux de la Triade. C'est à minuit qu'elle était enfin sortie de chez ce dirigeant dont la maladie trop tenace détruisait, depuis ces dernières semaines, sa propre santé mentale. Là, faible et étreinte par un désagréable pressentiment, elle n'avait pas eu la force de rentrer chez elle. Et comme à chaque fois qu'elle se sentait faible, elle était allée taper à la porte de Valen. Ce dernier logeait au niveau 0, surveillé, pour ne pas dire fliqué par les dirigeants qui se méfiaient de ses talents aussi bien qu'ils s'en servaient allègrement : en plus d'être doué avec son pouvoir, il avait un don naturel pour influencer les individus - Clare en savait quelque chose. Il n'avait le droit de sortir qu'en de rares occasions après preuves de bonne conduite et sous gage de nombreuses conditions.
Il avait été plus que satisfait de remarquer qu'elle avait encore cédé.

— Je vois que tu me rends visite uniquement quand ça t'arrange ! avait-il plaisanté, un sourire barrant ses lèvres. Clare n'avait pas répondu et était entrée sans même lui accorder un regard. Il ne s'en était pas offusqué, il la connaissait trop bien pour ça.

Il avait préparé du café, puis avait engagé une discussion qu'il avait été seul à tenir. Clare, elle, était restée assise, murée dans le silence, ses prunelles rivées sur un point invisible.

— Un événement terrible va se produire... avait-elle finalement murmuré au milieu d'une des tirades de Valen, qui s'était alors tu en l'observant avec intérêt.

Un pressentiment ?
Elle avait acquiescé, les traits tirés. Valen avait rajouté un bref "c'est déplorable..." avant de reprendre joyeusement son monologue comme si de rien n'était, trop ravi de sa compagnie pour se soucier d'autre chose.

Clare savait Valen fou. D'aussi loin que remontaient les souvenirs de Clare, il l'avait toujours été. Trop amoureux de ses pouvoirs pour les utiliser avec parcimonie, véritable mégalomane fier de ses capacités, devoir sacrifier sa santé mentale ne semblait jamais lui avoir posé de problème. A dire vrai, il considérait que les gens jugés "saints d'esprit" étaient les véritables aveugles de cette planète et qu'il avait, pour sa part, réussi à atteindre un niveau de compréhension rarement acquis.

—  Il y a les moutons, Clare. Ceux qui se trouvent normaux car ils passent leur existence à suivre un quotidien vide et creux, puis ils meurent ignorants, comme tout mouton qui se respecte. Toi et moi, nous sommes différents.

— Nous n'avons rien de différents...

— Oh Clare, ma tendre Clare... pourquoi a-t-il fallu que tu postules à Ligma ? Être un contribuable avec sa petite vie rangée, ce n'est pas pour toi, ça ne l'a jamais été...


Le jour où il avait appris pour son poste de détective, elle avait discerné cette lueur de consternation dans son regard.

"Dis moi, tes collègues te désignent-ils par le terme d'illuminée ou d'attardée ?" avait-il demandé avec un sourire entendu.
Excédée, elle lui avait vivement rétorqué, qu'au moins elle, elle tentait de faire sa propre route au lieu de se laisser balader par les dirigeants comme un chien en laisse. Elle se souvient encore de cette colère froide qui avait subitement animé son visage : la douloureuse vérité d'un homme qui se croyait au dessus des autres mais dont le quotidien était régi par des dirigeants à qui il offrait sa soumission la plus totale. Clare le savait, contrairement à elle, il n'avait jamais eu la moindre liberté. Malgré tout, elle en avait ressenti du plaisir, de la satisfaction même, à l'atteindre là où ça faisait mal... Sa façon à elle de se venger de cet homme qui avait toujours eu une incroyable influence sur elle. Elle le détestait pour cela : son talent à l'avoir rendue dépendante de lui. A chaque moment de faiblesse, lorsque ce vide constant et cette haine qu'elle ressentait envers elle-même étaient tels qu'elle croyait étouffer, il suffisait qu'il soit là et qu'il use de son pouvoir pour que ce mal être s’amoindrisse pour un temps... Une sorte de drogue, néfaste, dérangée et violente, vers laquelle elle retournait toujours.

Je crois que le jour où tu n'auras plus besoin de moi, je te tuerai .. lui avait-il même dit une fois avec affection. Au vu du regard tendre qu'il lui avait offert, quiconque aurait cru qu'il plaisantait. Mais Clare savait, elle savait, qu'il avait été très sérieux.

Passant une main sur son visage, elle fronça des sourcils. Elle se sentait mal. La lumière factice qui filtrait à travers la fenêtre était à l'image de la cruelle réalité. Le calme de cette chambre, après que Valen soit parti aux aurores pour mettre ses pouvoirs à contribution des dirigeants, la tiédeur des draps, la sensation de torpeur, emmitouflée de la sorte, qui lui faisait croire en un bon début de matinée, tout cela était pareil à la lumière de cette fenêtre : une parfaite illusion. Derrière la vitre, il n'y avait qu'un pan de métal, glacial. Et lorsqu'elle se lèverait, lorsqu'elle quitterait cet endroit qu'elle se détestait d'apprécier autant, un événement se produirait, tôt ou tard.
Un événement terrible.

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Jeu 12 Juil - 18:30





— Ma mère elle dit que c'est terminé, que tu resteras ici pour toujours
— ...
— Elle dit aussi que tu devrais être un peu plus reconnaissante, parce que sans nous, tu serais morte.

— ... c'est faux.
— Puisque je te le dis ! Mais bon .... elle haussa des épaules en rejetant négligemment ses cheveux blonds en arrière.
— C'est vrai que t'es personne dans ce monde, alors tu peux pas connaître ce qui est vrai.

La jeune Clare, seulement âgée de treize ans, essuya ses joues mouillées. Assise à même le sol dans un coin de la chambre, elle fixait Julie qui était allongée sur le lit à baldaquin et dont la chevelure cascadait autour de son joli visage comme une rivière de blé.

— Je m'en fiche de la vérité... tout ce que je veux c'est que vous me rendiez ma vie...  
— Et voilà ! C'est reparti ! se plaignit Julie en levant les yeux au ciel. Clare essuya ses joues une dernière fois en fronçant les sourcils.

— Je veux retrouver ceux que vous m'avez pris...
— Ben c'est trop tard ! Ils t'ont oubliée... ils s'en fichent de toi. Honnêtement, je suis même sûre qu'ils sont plus heureux comme ça
dit la blondinette d'un ton absent en tournant une autre page de son magazine. Piquée au vif par ses paroles, Clare venait de se relever, le visage livide.

— Retire ce que tu viens de dire.

Mais Julie gloussa, tournant une nouvelle page.

— Retire ce que tu as dit ! répéta Clare en haussant la voix.

Six ans qu'elle avait dû apprendre à calmer son insubordination au prix de punitions qui lui arrachaient régulièrement des cauchemars. Six ans à devoir essuyer l'arrogance de Julie : et ce, dès leur première rencontre où la poupée blonde lui avait attrapé la main, l'air ravi, pour l'entraîner dans sa chambre en lui soufflant à l'oreille "enfin, père m'a offert mon animal de compagnie!"
Ce petit sourire hautain lorsqu'elle parlait à sa mère en prenant soin de ne pas l'inclure dans la discussion. Ce jour où, ayant invité ses amis à la maison elle l'avait appelée pour la présenter aux autres... la surprise de Clare, devenue timide mais heureuse... jusqu'à ce que Julie déclare d'une voix forte : Voici Clare... vous savez, la dotée de service ! faisant rire sous cape ses amis qui s'étaient échangés des oeillades amusées.

— Je te jure que si tu ne retires pas ce que tu as dit...

— Quoi ? Tu vas faire quoi Clare ?

Elle releva son regard provoquant vers Clare, un sourire dédaigneux aux lèvres.

— Tu vas m'envoyer ton pouvoir à la figure et me guérir de mon rhume des foins ? Oooooh j'ai peur, ooooh au secours, au secours, à l'aide ! On veut me soigner ! La folle-dingue menace de me lancer son sort par ordonnance !"

— La ferme Julie...

— Bouuuh, j'étais une pouilleuse va-nu-pieds sur la plage et mes hippies de parents me manquent! Des clochards qui sont plus heureux sans mo...

Mais elle ne put terminer sa phrase. Clare venait brusquement de se ruer sur elle. Elle avait oublié les punitions à venir, les visites chez cet effroyable psychologue qui irait encore la torturer avec son pouvoir. Tout ce qu'elle voulait, c'était faire le plus de mal à celle qui hurlait dorénavant :.

— Lâche-moi, mais LÂCHE-MOI GROSSE FOLLE !! MÈRE!! CHARLES !!

Continuant de la frapper sur chaque centimètre carré de peau qu'elle pouvait atteindre, elle se sentit brusquement soulevée du lit. Un grand homme à l'allure raffinée, malgré sa musculature, venait d'entrer dans la chambre et l'avait portée sur son épaule sans prêter attention à ses protestations et à ses tentatives pour se dégager.

— Mais quelle TARÉE !  Charles, je suis blessée, je suis sûre que je suis blessée ! Dans tous ses états, Julie courut vers le miroir. En voyant son reflet, elle lâcha une exclamation et se retourna pour lui désigner d'un doigt tremblant la rougeur apparue sur sa joue.

— Vous êtes enervée My lady... cela n'est sûrement dû qu'à la colère

— Elle m'a rouée de coups, rouée de coups ! Oh mon dieu... alarmée, Julie se laissa retomber sur son lit de façon dramatique.

— Cette folle est un danger public, qu'on m'appelle un médecin !

— Je crains qu'ils ne se déplacent pas pour une simple bagarre entre deux jeunes fi...


— EH BIEN dites-leur tout de même ! s’époumona Julie en lui envoyant un regard noir. Clare avait cessé de se démener. Tenue à la manière d'un sac à patates, essoufflée, elle ne disait plus un mot.

— Bien évidemment... Il inclina sa tête puis prit congés en emportant avec lui la jeune théologienne. Une fois éloignée de la chambre de Julie, il la reposa enfin avec afflication.

— Clare... vous n'auriez pas dû...

— Je m'en fiche ! tonna celle-ci, les traits encore tirés par la colère. Sa voix forte avait résonné dans tout le couloir de la maison. Quelqu'un l'avait sans doute entendue, mais Clare s'en moquait.

— J'en ai marre ! J'en ai marre de les soigner, je ne veux plus, je n'ai jamais voulu le faire !

— Clare...

— NON ! JE M'EN FICHE JE NE VEUX PLUS LE FAIRE !


Charles resta immobile, démuni et incapable, parce que, bien sûr, il savait qu'il n'y avait rien à dire. Clare comprenait maintenant pourquoi son père avait toujours souhaité lui tenir la main, l'éloigner le plus possible des villes, des parcs et de tout ce qui pouvait la sociabiliser. La raison pour laquelle elle n'avait jamais été à l'aise avec les autres, hormis ces païens rejetés par leur meute, tout comme elle avait été rejetée pour être née de la sorte.

— Mademoiselle Clare ?

Clare se retourna vers l'origine de la voix. Malgré sa colère, elle sentit un froid immédiat lui retourner les entrailles. Au bout du couloir venaient d'apparaître le psychiatre en compagnie de Madame Stanhope, la mère de Julie, tous deux manifestement surpris de la trouver là et dans un tel état.  Charles leur offrit une discrète révérence de politesse , après quoi Madame Stanhope finit par soupirer avec lassitude. Elle envoya un bref coup d'oeil entendu au psychiatre qui acquiesça d'un hochement de tête avant de s'approcher de Clare, celle-ci devenue plus blême que jamais.

—... Mademoiselle Clare, j'imagine que de nouvelles séances s'imposent.

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Dim 22 Juil - 0:40

1 Juin 2018 - Niveau 0, dans les sous-sol de Westminster.



Comment était-il possible de détester cette demeure mais d'en nourrir pourtant une nostalgie qui n'était pas foncièrement désagréable ? Cette main qu'elle avait posé sur la poignet et qui hésitait à franchir le cap, sa gorge nouée par la honte d'être si faible, étaient autant de sensations qui la faisaient se haïr.
Lorsqu'elle ouvrit finalement la porte, bien qu'elle sache ce qui l'attendait de l'autre côté, la vision de ce long couloir qu'elle avait quitté six ans auparavant la laissa figée.

Rien ne semblait avoir changé...
Ce corridor défraîchi mais propre avec sa tapisserie vieille du sol et des murs étaient habillés des mêmes tableaux : les portraits des aïeux Stanhope dont les yeux paraissaient vous suivre. Les deux lustres qui pendaient tristement au haut plafond, à la lumière faiblarde, étaient recouverts de poussière et de toiles d'araignées - seules preuves de l'emprise du temps. En le traversant, Clare eut l'impression de pouvoir entendre à nouveau les rires de Julie retentir, de la voir, même, à l'âge tendre de huit ans, dévaler l'endroit pour aller se cacher derrière la tapisserie mal accrochée à l'effigie des chevaliers de la Triade.

Mais le silence était bel et bien présent.
Roseta ne fredonnait plus dans les cuisines, Charles ne se raclait pas la gorge en lui offrant son regard critique si particulier, les talons de chaussures que le psychiatre cirait à chaque visite ne résonnaient pas sur les vieilles planches ; si ce n'était dans sa tête.
C'était le bruit d'une disparition particulière : celle de l'abandon, qui accompagnait son chemin. Pourtant, en passant devant une porte qu'elle savait verrouillée, elle ne put s'empêcher de s'arrêter. Le visage fermé, elle leva sa main, hésitante, comme si elle craignait qu'en la posant sur le pan de la porte quelque chose resurgirait avec brutalité. Mais lorsque sa paume se déposa sur le bois de chêne, rien qu'un souvenir calme, presque serein, lui revint en mémoire...

— Julie a été envoyée en Russie ?

— Oui

— Je suis né là bas.. mais tu le savais, j'imagine.

— Je l'ai deviné.

— Deviné... Alors tu es toute seule maintenant ?

— Je ne suis pas toute seule

— C'est vrai, il y a monsieur Stanhope

— Et Charles

— Et Charles... et moi, non?

— Dame de Pique.

Ce regard interloqué que Valen lui avait lancé, ses cartes à la main, avant d'éclater d'un rire ravi. Ce fut été la première fois qu'elle le battait au jeu...

Lentement, sa main retomba le long de son corps,. Elle se détourna de ce qui avait été sa chambre, abandonnant la mémoire de cette pièce fermée à clé comme on la laisserait rejouer en boucle une scène prisonnière des fantômes du passé. Sur le parquet, au bout du couloir, se dessinait la lumière feutrée venue de la seule salle ouverte. Les convives avaient toujours été surpris par la disposition d'une telle pièce : un salon, en bout de couloir ! Mais Clare savait, tout comme les résidents de cette demeure, qu'il s'agissait d'un savant moyen de montrer à quiconque foulait l'endroit l'opulence -désuète aux yeux de Clare- d'une vieille famille de dirigeants, de sentir peser sur son échine le regard impérieux de chaque portait accroché aux murs, d'éprouver l'atmosphère d'une bâtisse aussi ancienne que pouvait l'être l'arbre décharné des Stanhope. Alors, lorsqu'on arrivait enfin au salon, l'on avait d'autre choix que de rester humble, voire intimidé, face aux hôtes qui s'approchaient pour vous serrer la main.
Mais nul n'était debout pour la recevoir, cette fois. La seule personne qui s'y trouvait lui faisait dos, assise dans un vieux fauteuil en face d'une grande cheminée allumée. Bien que Clare n'eut rien dit, la personne leva sa main pour lui faire signe d'approcher.
Clare ôta sa veste sous l’étouffante chaleur de la pièce, avant de s'asseoir sur le canapé à côté du fauteuil.

— Alors tu es venue... murmura l'homme d'un certain âge, aux sourcils broussailleux et aux cheveux grisonnants.

— Je n'avais pas le choix... Ayant modulé sa voix pour la rendre détachée, elle ne put prononcer cette phrase qu'en murmurant.

— Malgré toutes ces années, Clare, tu continues de me craindre ?

Elle s'adossa contre le dossier du canapé, le regard fuyant.

— Je ne vous crains pas.

— Je ne te ferais jamais de mal, tu le sais bien.


Malgré elle, à ces mots, Clare lui jeta un regard peu amène.

— Ne dites pas de telles inepties.

— C'est pourtant la vérité...

— Ce n'est pas, la vérité
siffla-t-elle. Son ton avait pris une froideur qu'elle ne se rappelait pas avoir jamais employée en sa présence. Elle sentait une indignation sourde émaner, appuyer un peu plus sur cette gorge nouée depuis qu'elle avait franchi l'endroit.

— Je comprends que tu sois en colère...

— Je ne suis pas en colère.

Un triste sourire étira les lèvres blanches et gercées de l'homme.

— Bien sûr que tu es en colère, Clare, et tu as toutes les raisons de l'être... La mort de Charles n'a fait que renforcer cette erreur poussée par la culpabilité d'actes qu'on pourrait qualifier de condamnables...

— N'évoquez pas son nom... vous n'avez pas le droit d'en parler maintenant.

— Il est important de parler des fautes qui furent commises...

— Des fautes que vous avez commises !
Cette fois-ci, elle avait crié. Les sourcils froncés, encore adossée mais dans une position figée, peu naturelle, elle aurait été plus que ravie de se lever ; rester immobile lui devenait insoutenable. Baissant sa tête avec docilité, l'expression de l'homme avait gardé une politesse mesurée.

— Tu as tout à fait raison...

— Mais cela ne change rien, n'est-ce pas ?! Puisque je suis là aujourd'hui, devant vous, dans ce salon surchauffé en plein été, à vous écouter énoncer le nom d'un homme qui a tout donné pour cette maudite famille mais qui reste un simple dommage collatéral !

— Charles faisait partie de ma famille au même titre que toi...

— Nous NE SOMMES PAS votre famille, NOUS NE L'AVONS JAMAIS ÉTÉE !
s'écria-t-elle. Son hurlement se répercuta en un étrange écho dans le salon trop vide.

— Clare...

Mais celle-ci venait de se lever. Elle n'arrivait plus à supporter le regard attristé de cet homme à l'allure aujourd'hui chétive, la renvoyant à ce même corps qu'elle avait du soigner durant des mois, des années entières, jusqu'à ce qu'il se réveille enfin et regagne des forces à mesure qu'elle perdait les siennes, que Charles avait contracté cette foutue maladie qu'elle aurait pu soigner, elle aurait pu, si seulement on ne l'avait pas empêché d'agir...

— Charles est mort par votre faute, et je ne serai pas le dernier témoin de vos regrets pour alléger votre conscience. Il en est hors de question !

— Je ne m'attends pas à ce que tu me pardonnes...

— Et je ne le ferai pas !


L'homme continua de la regarder, paraissant plus affaibli que jamais.

— Comptes-tu partir ?

— Je n'ai pas dit ça !

— Alors rassieds-toi je te prie


Bien qu'il était resté poli et emprunt de délicatesse, sa phrase avait été directe, renvoyant aux traits du dirigeant qu'il était. Inspirant profondément, comme rappelée à l'ordre de ses propres obligations, Clare se rassit. Doucement, l'homme reprit.

— Tu continues de penser que les choix me reviennent, que j'ai souhaité tout cela... mais nous savons, tous les deux, que ce n'est pas vrai.

Comme elle gardait le silence, il poursuivit.

— Je suis né sans avoir le choix, tout comme toi.

— Nous n'avons rien en commun.

— Détrompe-toi Clare, nous avons plus en commun que tu ne le crois. Moi aussi je suis né pour tenir un rôle qu'on m'a imposé depuis mon plus jeune âge, moi aussi j'ai dû endurer les punitions, les règles, suivre ce qu'on me dictait d'être, je n'ai guère eu le choix que de me plier à...


— Vous aviez votre famille, vous, au moins !

— Tu trouves que mes géniteurs étaient ce qu'on pourrait qualifier d'une famille, Clare ?


La mâchoire crispée, elle tourna sa tête vers la cheminée pour ne pas avoir à soutenir son regard empli de regrets.

— Je m'en fiche si vos parents étaient de sombres connards, peut-être que vous le méritiez. Ce manque de respect, l'homme l'encaissa, irritant un peu plus Clare qui aurait étrangement voulu qu'il s'offusque, que ses paroles l'atteignent et aient un impact sur lui. Mais il gardait une attitude de servilité proprement insupportable.

— Peut être, Clare, peut être que le destin existe, et que j'ai effectivement mérité de vivre ainsi... Peut être que les dirigeants sont voués à être craints et détestés. Il n'empêche, et corrige-moi si je me trompe, que cela ne change rien au fait que je n'ai pas eu le choix, tout comme toi.

— Oui, peu importe... murmura Clare.

— Aussi tu comprendras pourquoi, encore à ce jour, je n'ai pas d'autre choix.. Ne mâchons pas nos mots, Clare, je dirais que je doive t'utiliser à nouveau.

Elle tourna sa tête vers lui, lui adressant un sourire mauvais.

— Ils refusent que vous mourriez ?

— Je présume qu'ils ne m'en laissent pas cet honneur...

— Comme c'est pratique pour vous, n'est-ce pas ?


Une étrange affliction survola, à la manière d'une ombre, le visage fatigué de l'homme.

— Le fait que tu aies pu garder à ce jour ta lucidité d'esprit... cela prouve à quel point tu as toujours été forte, plus forte que je ne l'ai jamais été.

La colère de Clare l'avait curieusement fatiguée à son tour. Elle en avait assez d'avoir à se battre, d'essayer, encore, de faire en sorte de conserver ce qu'il lui restait de présence d'esprit pour s'oublier et ne plus avoir à penser.

— Je croyais qu'en acceptant Valen dans ta vie, il te permettrait d'alléger un peu ce fardeau. Avant de te voir depuis peu, alors j'ai compris mon erreur, Clare. C'est ta foi, la foi envers ce que tu étais avant d'intégrer cette demeure, tes souvenirs pour ta famille, qui t'ont en réalité soutenue depuis tout ce temps...

Ce noeud dans sa gorge l’étouffa subitement. Contre toute attente, ce qu'elle avait souhaité ne pas lui montrer la gagna d'un coup, une peine si lourde, si douloureuse, qu'elle ne put s'empêcher de mettre son visage dans ses mains, tentant vainement de retenir ses larmes.

— Je vous en prie... ne parlez plus...

Elle l’implorait cette fois, elle ne voulait plus avoir à écouter sa voix si emprunte de calme, si douée pour amadouer ; elle qui croyait ne plus avoir à l'entendre, car l'ayant cru définitivement guéri, elle qui avait espéré détenir assez de force pour que sa présence ne l'affecte pas, elle était lamentablement terrassée par ce qui l'avait toujours hantée.

De longues minutes passèrent dans ce silence, que seuls les crépitements du feu alimentaient. Lorsqu'elle releva son visage, Clare remarqua alors que sur celui de l'homme, des larmes venaient également de couler.

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Jeu 16 Aoû - 20:23



Elle ne croit pas s'être jamais souvenue de quand.
C'est un peu toute la particularité de l'enfance : les souvenirs et l'ordre dans lequel on se les repasse. Elle sait seulement que c'était il y a très tôt, quand elle apprenait à confectionner des rosaces en papier et que, à plusieurs mètres de là, sur l'autre berge, un groupe d'enfants courraient sur la plage en compagnie de ce qu'elle discernait être des grands chiens.
Loana, restée auprès de son père, préférait s'amuser à dessiner une couronne de fleurs. Elle était magnifique dans sa robe lavande, inquiétait déjà son père de par la beauté délicate de ses traits. Lui qui aurait aimé rester le seul homme de sa vie, il répétait à sa femme que les garçons deviendraient un problème, eux qui ne pensaient qu'à une seule chose - et il savait de quoi il parlait ! Marisa avait beau lever les yeux au ciel, lui souligner que les hommes et les femmes finissaient parfois par se rencontrer pour le meilleur, qu'ils en étaient un exemple concret et que Loana trouverait, peut être plus tard, quelqu'un pour prendre soin d'elle, la seule réplique valable de son père restait ostensiblement la même :" Prendre soin d'elle ? Inutile ! Elle a déjà un père pour ça! Crois-moi quand je te dis que je sais à quoi pensent tous les garçons, hors de question que..." et cela n'en finissait plus.
Pour l'instant, Loana n'avait que trois ans. Pour l'instant, Clare ne les écoutait pas, ayant délaissé sa feuille et ses crayons, elle s'était penchée à la barrière de la terrasse en bois, celle de leur cottage plein pied sur le sable houspillé par l'humidité, le sel et le vent, et qui demandait trop d'entretient d'après les dires de ses parents.
La bourrasque faisait tournoyer ses cheveux aux reflets clairs juste devant ses yeux plissés.

Soudain, la seule grande silhouette du groupe lointain les salua de la main. Sa mère répondit à son geste, avant d'aller ramasser les feuilles de Clare qui menaçaient de s'envoler.

— C'est qui ? qu'elle demanda sans les lâcher des yeux.

— Des voisins. répondit sa mère d'une voix faussement dégagée.

— Celui que tu m'as dit c'est des loups ?

Ses parents échangèrent un regard qu'elle ne vit pas.

Des païens, Clare. Oui, ce sont bien eux.

— Oh.
Elle venait de lâcher cette exclamation dans un souffle, penchée de plus belle contre la barrière de bois. Puis, sans crier gare, elle tourna vivement sa tête vers eux, son visage animé d'une volonté qui détonnait pour son âge.

— Je peux aller jouer avec eux ?

Cette fois, elle vit leur expression interdite. Sa mère resta silencieuse de longues secondes, alors que son père venait de froncer des sourcils, et que Loana se plaignait parce que le crayon rose était trop loin au centre de la table pour qu'elle puisse terminer sa fleur.

— D'accord, mais pas longtemps.

— Je doute que ce soit une bonne idée.

— Elle a bien le droit de se faire des amis.

— Je préférerais que...

— Humphrey, laisse-la vivre un peu... s'il te plaît, ce n'est qu'une enfant.


La mâchoire de son père s'était crispée. Replaçant correctement Loana qui s'était penchée avec véhémence vers le crayon rose hors de sa portée, il acquiesça brièvement. Il n'en fallut pas plus à Clare pour s’exclamer de joie et dévaler les marches du perron.

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Dim 18 Nov - 0:20

17  Juin 2018.
Niveau 0, sous-sols de Westminster.



_ Merci de bien vouloir patienter, mademoiselle Hare, Monsieur Stanhope va vous recevoir... répéta, une fois de plus, la majordome de maison d'une voix rasée.  Ses yeux critiquaient les aller-retour incessants de Clare sur le tapis piqueté de broderies dorées, comme si elle craignait que les nombreux passages ne dénaturent le tissu hors de prix.

— Quand sera-t-il là ? demanda abruptement la théologienne.

— Je ne sais pas. Si vous pouviez vous calmer.

— Je suis calme, parfaitement calme.


Elle l'avait dit d'un ton qu'elle espérait convaincant, mais l'air sceptique de la majordome ne trompait pas...

L'attente lui était insurmontable. Plus elle restait en ces lieux, plus elle prenait conscience de sa connerie.  Une petite voix dans sa tête répétait "mais qu'as-tu fait ? MAIS qu'est-ce que tu FOUS ici !? Es-tu devenue folle à ce point ?! POURQUOI ?!"

Elle avait attendu avec fébrilité des nouvelles des officiers sur le terrain au même titre que tous les autres - malgré qu'ils se soient adonnés à leurs tâches respectives, cela avait paru très peu naturel.
Une heure plus tard, un officier en chef était venu échanger des infos à voix basse auprès de certains, qui s'étaient dépêchés de faire passer le mot à d'autres. Mais personne n'avait daigné communiquer avec Clare. Leur attitude était devenue agitée, leur visage blanc, beaucoup s'étaient jetés sur les téléphones.

— Il se passe quoi, il se passe quoi ? avait murmuré Clare entre ses dents.

Puis, par la fenêtre, elle avait alors aperçu les officiers qui revenaient.
Certains, mais pas tous.
Clare avait bondi de sa chaise tel un ressort pour gagner le hall comme si sa vie en dépendait, si vite qu'elle avait pu arriver parmi les premiers. Le Sergent avait beuglé qu'on lui fasse de la place.

— Que s'est-il passé ? avait crié Clare sans que nul ne lui prête attention
— Combien de victimes ? avait demandé le Sergent d'un ton grave. Le hall était devenu étouffant sous le poids du monde qui y régnait.
— Je ne sais pas, ils nous ont vite déposés... Ils avaient besoin du fourgon pour transporter ceux dans le besoin... avait répondu l'un des officiers exténués dont la face était marbrée de poussière.
— Des victimes ?! s'était étranglée Clare alors que tout le monde gardait le silence.
— Combien de mes officiers sont morts, Jacob ! Combien !
— Quoi ?! Mais bon sang que diable s'est-il passé ?!
— Ca suffit Clare, fermez-la !

— J'EXIGE DE SAVOIR CE QUI S'EST PASSÉ ! QU'ON ME LE DISE !

Son hurlement avait provoqué l'ahurissement de toute l'assistance. Jamais encore ils n'avaient vu Clare hurler de la sorte.
La tête du Sergent s'était tournée vers elle avec une lenteur qui paraissait rouillée, degré par degré, à la manière d'une poupée de film d'horreur. Ses yeux exorbités avaient donné l'impression qu'il allait commettre un massacre.

— Vos amis.... de la Triade ont foutu la merde avait-il dit, hachant chaque syllabe à travers ses dents.

— Ils ont attisé la colère des manifestants.... une bombe a explosé.

Silence.
Clare était restée sonnée.
Loin de paraître choquée ou étonnée, juste incroyablement, indubitablement... inexpressive.

Après quelques secondes cependant... à la surprise de tous, un petit sourire avait étiré ses lèvres. Sidérée, la grimace du Sergent s'était déformée en une expression si enragée que quelques-uns avaient jugé bon de s'approcher de lui par crainte qu'il ne fasse une chose regrettable.

Et alors, contre toute attente, Clare avait éclaté de rire.

D'abord un petit gloussement, une main vite posée sur sa bouche, elle-même étonnée par sa réaction, ses yeux grands ouverts par ce qui lui semblait être une nouvelle très hilarante, ce fut par la suite une véritable salve de sonorités à laquelle ils purent assister, un trille portant son écho jusqu'à hauteur du plafond, résonnant en un vacarme d'autant plus assourdissant que tous étaient trop abasourdis par son comportement pour prononcer quoi que ce soit.

— Que... qu'on la sorte ! QU'ON LA SORTE D'ICI SUR-LE-CHAMP OU JE LA TUE VOUS M'ENTENDEZ! JE LA TUE !!!

Penchée de tout son saoul, se tenant le ventre de sa main libre, Clare s'était laissée attraper, traînée par les officiers, son rire continuant de crever l'air.

Aaaah, la langueur des nouvelles.
Elle avait pensé : "quelle absurdité sans nom"

C'était absurde, absurde.
Pourtant, pas moins que ce qu'elle s’apprêtait dorénavant à faire.

Après un temps douloureux, la porte du salon s'ouvrit enfin. L'air alerte et décontenancé de l'homme qui se tenait sur le pas de la porte prouvait que jamais, vraiment jamais, il n'aurait cru assister à un tel moment.


— Clare ? demanda-t-il, presque inquiet. La majordome préféra se retirer maintenant que le tapis n'était plus malmené.

— Je... Clare déglutit, accrochant un sourire bancal, un peu fou, difficile à tenir, comme si elle devait tirer sur un fil pour le raccrocher à chaque fois.

— Quoi donc ? Bon Dieu, mais parle donc !

Abraham Stanhope était très pâle et amaigri. Quand elle avait refusé de le soigner à nouveau, il avait, à son propre effarement, promis de tout tenter pour que cela n'arrive pas. Elle ne savait pas comment il s'y était pris pour convaincre ses pairs, mais cela ne lui avait pas réussi au teint.

— J'ai changé d'avis. J'ai changé d'avis, d'accord ?! Je vais vous aider ! finit-elle par crier, sur la défensive.

Il cligna des yeux, rabaissant mollement la main qu'il avait gardée sur le pan de la porte. Ils partagèrent un bref regard, perdu. Deux naufragés, et elle coulait... elle coulait.

—, Mais vous devez... en échange, vous devez faire quelque chose pour moi.

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MessageSujet: Re: Clare Hare   Sam 24 Nov - 2:01

Il n'était qu'aux prémices de ce qui deviendrait une terrible maladie, et pourtant il possédait déjà, à ce stade de sa vie, cette lueur particulière dans le regard, floue et démente, pareille à celle d'un marin qui n'aurait plus vu le jour.

Son oncle avait toujours préféré Loana, tout le monde préférait Loana, elle était l'incarnation d'une candeur que les humains finissaient par quitter.

C'est pourquoi il s'était assis juste à côté d'elle sur le canapé de leur salon, sa face vieillie par une barbe hirsute et ses yeux injectés de sang.

Comme seul moyen de défense offert par ses sept années, Clare alla s'asseoir entre eux, avec cet espoir, mal habile, de prétendre à sa protection.

Ils regardèrent la télé en silence. Loana était aussi calme qu'une enfant peut l'être et Clare, les yeux rivés sur l'écran, mais qui ne voyaient pas les images, triturait ses mains.


— Des chics gens vos parents ! beugla brusquement son oncle. Clare avait pourtant prié pour qu'il ne lâche pas un mot...

Elle ne tourna pas sa tête. Elle se disait : tu es une théologienne, et les théologiens aiment l'équilibre, ton oncle est fou parce qu'il adore la magie, alors il adore l'équilibre... alors tout va bien.


— Votre papa... votre papa m'a foutu dehors à bon coups de pied au cul. Ah ! Le pouvoir de votre maman n'y est pas étranger... mais ça ne fait rien, toute famille a son lot de disputes. Hein ? J'ai pas raison ?

Elle ne répondit rien. Loana formula un petit "oui" timide. Lentement, son oncle pivota vers elles. Clare put sentir son haleine qui puait l'alcool. Poussée par un réflexe inconnu, elle attrapa le bras de sa soeur.

"Tu dois pas écouter ce qu'il dit. D'accord ?" lui souffla-t-elle mentalement.

Son oncle pencha sa tête sur le côté, ses yeux rougies voguant vers la main de Clare.


— C'est quoi ça, Clare ? gloussa-t-il, dévoilant une rangée de dents sales. — Tu crois que je suis dangereux ?

— Non répondit Clare d'emblée. Elle inspira, étreinte par une boule dans son estomac : un malaise né d'une sensation plus désagréable que la peur... la gêne.

— C'est ma soeur, on est proches et voilà...

Il resta sans bouger durant un temps interminable, à la jauger tandis qu'elle fixait ses pieds.

— Tu ressembles à ma fille. dit-il finalement. L'odeur de bourbon émanant de sa bouche lui fila la nausée. Elle hocha de la tête parce qu'elle ne savait pas quoi faire d'autre.

"Papa ça va ? Papa pourquoi tu es bizarre ? Je veux retrouver mon papa d'avant !"

S’esclaffant, il leva sa main vers elle. Clare aurait pu reculer, ou même se lever, mais elle ne fit rien. Parce qu'on lui avait toujours dit qu'il fallait obéir aux grandes personnes et que la peur, la véritable frousse face à un adulte, développa chez elle un étrange mécanisme de défense : elle resta passive.

Mais son oncle ne fit que désigner ses yeux agrandis par la crainte.


— Tu as le même regard qu'elle quand je te parle.

Retenant sa respiration, elle sentit Loana se recroqueviller sur le canapé.

Soudain, la porte s'ouvrit avec violence.


— QU'EST-CE QUE TU FOUS ICI ! s'écria son père.

Sa tête ruisselante d'eau et ses cheveux en bataille, il fonça jusqu'à lui.


— Clare, Loana, dans votre chambre, tout de suite !

— Oh Humphrey , quel plaisir !

— Tu la fermes ! QUI t'a permis d'entrer?!

— Ola doucement, doucement, je n'ai pas le droit de rendre visite à mes nièces ? J'ai gentiment expliqué à la nounou que j'étais leur oncle et que je souhaitais passer un peu de temps avec elles... Tu connais mon talent de persuasion.

— Clare, Loana, j'ai dit DANS VOTRE CHAMBRE !!!

Elles se levèrent d'un bond. Loana s'éclipsa au pas de course mais Clare, dont les jambes flageolantes ne supportaient plus son poids, n'arriva qu'à s'adosser au pan du mur le plus proche.

— Je t'y emmène Clare, bougeons d'ici...

—  Eh bien eh bien Humphrey  ! Quelle forte figure tutélaire ! Clare, comment est ton papa ? Est-ce qu'il te protège même des gouttes de pluie ? Parce qu'il pleut dru aujourd'hui et...

Il ne put terminer sa tirade. Perdant son sang-froid, son père fondit vers lui et l'attrapa par le col de sa chemise.

— DEHORS ! rugit-il.

Les mains levées en l'air dans le rôle de l'innocent, son oncle afficha un autre sourire mielleux, l'éclat de sa dent plombée pour clin d'oeil.


— Ou sinon ? Tu vas faire quoi Humphrey  ? Me frapper ?! Devant ta propre fille ?! Ô mais tu sais, tout enfant finit un jour par grandir. Ce petit visage que tu vois ne tiendra plus qu'à une expression vénale une fois adulte, que l'on retrouve d'ailleurs chez ma tendre soeur... Elle aussi, elle fut enfant, pas aussi belle que Loana mais elle avait, tu sais, ce genre de pureté.... Ô oui, hinhinhin, mais arrive un moment où les petits anges grandissent et alors... Dis-moi, Humphrey , quel effet ça fait : de tringler ma soeur ? Est-ce que tu prends ton pied à chaque fois ? Ou bien vous avez besoin de varier les plaisirs pour... le coup de poing partit tout seul, si fort que Clare entendit la mâchoire de l'homme craquer. Il s'écroula au sol dans un rire de dégénéré.

— HinhinhinHAHAHAHAHA !!

Clare assista, impuissante, à la scène de son oncle abandonné à son hystérie et que son père rouait de coups.

— Humphrey ... non... arrête ! Arrête, il est FOU ! Il est juste FOU !

Sa mère venait de rentrer à son tour.
Elle se jeta sur lui et attrapa son bras pour l'empêcher de frapper encore.


— Humphrey , il est malade... je t'en prie...

Le souffle sifflant, son rire rendu aigu par la douleur, l'oncle leva son visage marbré de sang, tentant d'apercevoir sa soeur à travers ses paupières défoncées.

— Oh la voix de la raison.. Tu incarnes maintenant les saintes, Marisa ? Quelle vicieuse petite hypocrite, perfide démon.... ahha... Derrière la fente de sa paupière la moins abîmée, il croisa le regard de sa nièce toujours figée contre le mur.

— ...tu vois Clare, ce qu'est en réalité ton papa chéri ? Un papa, c'est un monsieur comme moi, exemplaire par devant, mais très tordu par derrière... par derrière... hein Marisa ? HAHAHAHA !

— Ca suffit... hors d'ici, hors-de-chez-moi... siffla son père. Il l'attrapa par les cheveux et, insensible aux protestations de sa femme et aux hurlements de douleur de l'homme, le traîna jusqu'à la sortie.

Clare se souvient du tonnerre qui grondait, du flash furtif de l'éclair qui illuminait le salon comme les clichés d'un vieil appareil photo : dessus s'était gravé le visage démoli de son oncle. Il lui disait que : "tous les enfants finissaient, en grandissant, par devenir méchants."

Mais son image n'était pas un souvenir, il prenait forme. Il tournoyait au sein d'une eau avalée par le trou d'une bonde qu'on retire, et tout en se distordant dans le tourbillon il hurlait : tu sais ce que j'ai fait ! Parce que ma femme ne voulait pas que je vois mes enfants ! Tu sais

ce que je leur ai fait ?
Clic
Clac

PAN.

Réveil brutal. Dans un glapissement de souris, Clare tourna sur elle-même. Sa chute fit trembler le parquet. Des bruits de pas s'approchèrent et la porte de sa chambre s'ouvrit, laissant apparaître un Perkins en chemise de nuit affublé d'un grotesque bonnet triangulaire.


— Vraiment ?! Ne me dis pas que tu es, encore, tombée du lit...

— Aaaah Perkins, tais-toi, tais-toi donc... et aide-moi à me relever !

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